Yariman !

Yariman n’est pas le petit frère de Bioman ni un super héros. やりマン, en japonais, ça veut dire salope.

Vous plaignez pas, j'aurais pu choisir bien pire comme illustration.

Entrée en matière grâcieuse, une fois n’est pas coutume, pour un article dédié à tous ceux qui rêvent de partir au Japon dans le seul but de se taper de la p’tite bridée.

Le pays du soleil levant et du sexe dressé

Le Japon, terre de paradoxe (hop, un petit poncif pour la route), est un endroit où on n’exprime qu’un minimum de sentiments et où on évite les comportements ostentatoires. Dire “je t’aime” est un casse-tête sémantique, se tenir la main en couple ne va pas de soi, s’embrasser dans la rue est indécent, et je ne parle même pas de se rouler un patin en public.
Les Nippons sont pudiques, mais sont-ils prudes pour autant ? Que nenni. Cf. mon article précédent : s’il existe un vocabulaire aussi fourni (et il en manque), c’est bien parce qu’il est utlisé. De même, un quartier comme Kabukichō, bondé à toute heure du jour et de la nuit, est bien la preuve qu’on sait s’amuser avec ce qu’on a dans la culotte.

Car le sexe est présent partout, avec pignon sur rue au sens littéral, générant des sommes fabuleuses de l’ordre de 1 à 3 % du PIB selon les chiffres.
Pays de cocagne ? Oui, clairement (je ne suis carrément pas objectif sur cette réponse, j’admets). On peut s’y faire masser, tripoter, branler, sucer, en toute légalité et sans faire appel à une prostituée. Par contre, il faudra quand même payer quelqu’un pour le faire. Mais pas une pute. Eh oui, industrie du sexe et prostitution ne sont pas synonymes ici.
Car la législation japonaise est assez particulière dans ce domaine. Une loi de 1948 règlemente le commerce du sexe, une autre en 1956 interdit la prostitution. Quelques amendements peaufinent les textes initiaux, notamment à la fin des années 90 pour interdire ou au moins limiter l’implication des mineures dans l’industrie du sexe.
Toujours est-il que la loi considère comme de la prostitution une relation sexuelle moyennant finance. Jusqu’ici, rien d’original. Détail notable, seule la pénétration vaginale est considérée comme une relation sexuelle. De facto, tout le reste (ou presque) se trouve autorisé. On assouvira tous vos fantasmes dès lors que vous ne voulez rien d’aussi classique qu’un missionnaire.
A noter que ce n’est pas parce que la prostitution est interdite qu’elle n’est pas pratiquée. Soit de façon illégale en payant pour tirer un coup “normal” ; soit de façon détournée. Dans le second cas, vous payez une prestation légale et la madame vous offre son vagin “en prime”, service non tarifé en tant que tel (mais répercuté mine de rien sur le prix global de la prestation légale).
Une industrie du sexe sans sexe, d’une certaine façon. Le genre de conception qui ferait la joie des présidents américains qui clament qu’une pipe compte pour du beurre…

Bref, je ne vais pas répéter ce que j’ai dit dans les deux liens précédemment cités, auxquels on peut ajouter mes expériences “scientifiques” menées dans un love hotel et un soapland. Et si je n’avais pas déjà ce qu’il faut à la maison, je me lancerais à la découverte des pink salons (spécialisés dans la turlutte) et des imekura (cosplay).
Vous pourrez passer au détecteur de mensonges l’esprit tranquille : selon la loi japonaise, vous n’êtes pas allé aux putes. Tout ce dont l’amateur éclairé a besoin, c’est 1) un carnet de bonnes adresses, 2) du blé. La loi et les capotes vous couvrent. La morale, c’est une autre histoire…

Vous voulez un saké ? Juste un doigt. Vous ne voulez pas un saké d’abord ?

En-dehors des professionnelles, qu’en est-il des civiles ?
Le Japon est une terre de mythes. Je ne parle pas de Mothra la mite géante ni du corpus de légendes anciennes, mais de toutes ces idées reçues sur lesquelles j’ai déjà eu l’occasion de blablater.
Dans le domaine qui m’occupe en ces lignes, il est une espèce de “métamythe” (avec un m, pas un b) qui en accole une tripotée : l’invincible séducteur Blanc qui enfile des jeunettes nippones naïves et soumises, comme d’autres des perles sur un chapelet.

Mite du Japon.

L’âge
J’ai pu lire sur le Net les propos de types qui s’extasiaient de la majorité au Japon. Pas la civile à 20 ans, mais la majorité sexuelle à 13 ans. Et de s’imaginer… je veux pas savoir en fait. J’ai beau avoir l’esprit aussi large qu’une foufoune d’actrice X, il y a quand même des limites. Toujours est-il qu’il vont au-devant d’une grosse déconvenue s’ils espèrent faire la sortie des écoles. Plusieurs dispositifs de protection de l’enfance ont été mis en place, que ce soit au niveau de la législation nationale ou des décrets locaux dans les préfectures. Si le texte fondamental (articles 176-177 du code pénal) n’a pas changé, dans les faits la barre a été remontée à hauteur de 18 ans.
Si vous fantasmez sur les uniformes marins, sachez qu’ils sont portés en primaire, au collège et au lycée… C’est pas de bol, hein ? L’âge du premier rapport autorisé coïncide quasiment avec l’âge où les nanas quittent cet uniforme qui fait couler tant d’encre et de sécrétions corporelles. Il n’y a que deux moyens (et demi) de vous satisfaire :

  • les prestations “en costume” avec des professionnelles dans les établissements et les limites autorisées par la loi, ce qui offre déjà une marge de manœuvre plus que raisonnable ;
  • si vous voulez absolument tremper votre biscuit, il faudra vous dégotter une copine japonaise qui a l’âge légal et qui a conservé son uniforme (option que vous pourrez oublier si vous partez dans l’optique du coup d’un soir, vous allez trop galérer à la convaincre). C’est mon cas et je n’en dis pas plus sans quoi je vais encore déraper vers un récit de gaudriole échevelée…
  • vous pouvez aussi essayer de vous taper ma fiancée, mais elle est déjà prise et vous aura arraché les yeux avant que j’ai le temps de le faire moi-même.

Je vous aurai prévenu...

La langue
Si la langue ouvre les portes de l’extase quand on la manie avec brio sur les point sensibles, encore faut-il passer la barrière linguistique.
Draguer par langage des signes va vite limiter la conversation. Remarquez que les gestes seront sans équivoque et vous aurez au moins le mérite d’une certaine clarté d’intentions. Si vous ne parlez que français, pas la peine d’envisager de partir, les francophones ne courent pas les rues. La langue française a beau avoir un effet exotique détonant, personne ne vous comprendra si vous n’avez pas une langue de secours.
Reste l’anglais… Les Japonaises anglophones, ça se trouve, surtout que c’est obligatoire dans le cursus scolaire actuel. Ceci dit, là aussi, le blabla risque de tourner court et les quiproquos linguistiques peuvent aussi bien vous servir (sur un malentendu, on peut conclure) que vous plomber.
Mon ami Pierrot (au clair de la lune), qui a eu sa période de drague invétérée lors d’un premier séjour longue durée au Japon il y a quelques années, a dressé un constat sans appel : anglais = touriste = ne fait que passer = pas forcément un bon plan. Qui plus est, l’abondance de gaijin venant se livrer au tourisme sexuel a créé dans l’esprit de certains autochtones l’équation : anglais = chasseur de foune = gros connard arrogant. D’après lui, un expat parlant un minimum japonais a statistiquement plus de chances d’emballer qu’un touriste baragouinant l’anglais. Sauf à tomber sur une cochonne qui cherche un coup d’un soir et se moque comme de sa première petite culotte du caractère transitoire du bonhomme et de ce qu’il peut bien raconter.
Le plus drôle, c’est que finalement l’ami Pierrot aura quand même réussi à se marier avec Rina, une Japonaise… rencontrée en France. Je suis à peu près dans le même cas, puisque Yumiko vivait depuis plusieurs années à Lille quand on s’est connu. Avec le recul, même si les circonstances étaient involontaires et tenaient du hasard ou de la main des dieux, Pierrot et moi en avons conclu que la France était le meilleur endroit pour tomber sur des francophones. On a parfois de ces traits de génie qui laissent pantois…

Ici, on exhibe sans honte sa chatte dans la rue.

Le dieu blanc
Le comble du comble chez cette engeance qui vient jusque dans nos bras piquer nos compagnes, c’est qu’ils se croient dans Les dieux sont tombés sur la tête. Eh les gars, il est fini le temps où on pouvait se la jouer à la Cortès et conquérir un empire sur sa bonne mine de fromage blanc… Selon une conception très “white power über alles”, les faces de craie seraient d’irresistibles Casanova dont la seule présence suffit à faire tomber en pâmoison des bus entiers de Japonaises. Certains débarquent en se la jouant “j’étais un loser chez moi mais ici je serai le roi du monde”.
Sauf que d’une, toutes les Japonaises ne raffolent pas des Occidentaux. De deux, on n’est pas dans un hentaï : elles ne vont pas perdre tout contrôle d’elles-mêmes pour se jeter dans vos bras et votre pantalon juste parce que vous venez d’entrer dans la pièce.
Le fait est, et c’est la partie authentique de la légende, que les Occidentaux peuvent avoir une certaine cote auprès des nanas. Au même titre qu’une Asiatique peut faire fantasmer en France pour son exotisme, la réciproque est vraie pour l’Occidental en Asie. D’autant plus pour les Français qui ont cette image du french lover increvable, galant, raffiné, dandy, romantique, bref tout l’inverse des mecs qui partent chasser la gazelle donzelle. Ceci dit, ça fait pas tout, faut pas croire, et ça n’a rien d’une loi absolue qui marche à tous les coups. A plus forte raison, parce que le mythe du séducteur occidental… doit beaucoup à sa colportation en Occident par des Occidentaux. L’idée qu’on s’en fait à l’étranger est largement exagéré par rapport à la réalité des faits. Beaucoup de Japonaises n’en ont strictement rien à carrer que vous soyez Occidental ! Il suffit de renverser le mythe pour se rendre compte de l’ânerie que représente une généralisation abusive. En va prendre comme postulat que toutes les Françaises rêvent de se taper un Black et que tous les Français rêvent de se taper une Asiatique. Tous, forcément, toujours. Vous voyez ?…
Bref, s’il suffisait d’être Blanc pour emballer, vu que je suis bronzé comme un vampire, je me ferais littéralement violer sur place chaque fois que je pose un pied dehors…
Poursuivons sur le physique… Concernant la taille de l’engin – parce que oui, ça compte aussi –, j’avoue n’avoir pas posé la question à mes connaissances japonaises pour savoir si elle voyait l’outil occidental comme un colosse potentiellement douloureux/effrayant ou un agréable piston XL. En moyenne, le Japonais tourne à 13,56 cm en érection contre 16 pour les Français. Mais comme les Japonaises sont petites et ont une largeur de vagin en proportion, pensez à prévoir un chausse-pied, au cas où…
Dans tous les cas, faut arrêter de croire que parce qu’on est Blanc, on est beau et irrésistible. Si on a le physique de Quasimodo ou les talents de dragueur de Rain Man, ne vous attendez pas à un miracle pendant le vol vers Narita, qui vous transformerait en Brad Pitt ou en dieu-de-la-tchatche-serial-tombeur.
Hônnetement, quand je sors… Oui, c’est vrai, tout le monde me regarde à un moment ou un autre. Blanc, 1,85 m, c’est pas trop le physique standard dans le coin… Mais c’est davantage le regard de simple constat “tiens, un gaijin qui passe” (j’ai cru voir un rrrrrominet) que “oooohhhh un gaijin, j’ai trempé ma culotte tellement il est trooooop beau”. Si j’étais beau, déjà, ça se saurait (chut, Yumi, tu n’es pas objective). Bref. Quelquefois, c’est même plutôt les-yeux-revolver-le regard-qui-tue du type “ah… encore un gaijin quelconque qui se promène avec une Japonaise bien roulée”.
Se pointer ici la teub dressée comme un étendard et traiter les nanas comme des merdes sous prétexte qu’elles n’attendent que ça… eh bien testez si ça vous amuse, mais ne vous attendez pas à ce qu’on déploie pour vous des trésors d’hospitalité. En plus, je serais curieux de connaître les statistiques de réussite. Pour un “trop cool, je l’ai emballé-niquée-larguée”, combien de conquêtes fictives ? combien d’authentiques râteaux ?

La plus belle conquête de l'homme blanc.

Les principales intéressées
Dernier point et non des moindres, les Japonaises elles-mêmes. D’après des observations personnelles et des conversations avec ma chérie et ses amies (dont j’ignore dans quelle mesure elles sont représentatives, je ne connais pas 12000 Japonaises non plus), sachez, messieurs les chasseurs de fion que vous allez morfler et perdre quelques illusions.
Alors oui, on pourra m’objecter qu’en cherchant bien et en s’acharnant, on peut toujours en trouver une qui dira oui. Ben oui. Phénomène purement statistique. Bizarrement, on entend moins parler de la grosse majorité de celles qui disent non. Là, y a tout de suite moins de monde pour la ramener quand on revient déconfit en France après deux semaines de refus et de tirette sur la tige…
Fallait pas vous gaver de mangas, si abondants en donzelles candides… Comme si le monde réel avait la simplicité d’un scénar de porno et regorgeait de plombiers égrillards, facteurs salaces et secrétaires lubriques (à braques). Dans la vraie vie, contrairement à leurs homologues de papier dont la vertu est aussi épaisse que la page où elles s’ébattent, les Japonaises comportent au moins deux dimensions supplémentaires : le volume (pouet pouet) et une conscience. Pour autant que je sache, il n’y a pas de corrélation entre la taille des yeux et celle du cerveau : ce n’est pas parce qu’elles ont les yeux bridés que leur intellect l’est aussi. Il y a toujours des gens que cette révélation surprend, mais il se trouve qu’une femme pense.
Le pays de cocagne de l’industrie du sexe est à double tranchant. Certes, les femmes peuvent s’y trouver impliquées tôt, à un âge où on peut encore les appeler des filles. D’où un mythe de la Japonaise qui serait une fille facile, parce qu’à vingt ans elle aurait déjà un copieux bagage de (bi)routarde. En soi, c’est pas faux, comme dirait Perceval. Pas complètement en tout cas. Sans connaître les proportions exactes, de ce que je lis, entends ou vois, il y a une quantité non négligeable de nanas qui bossent dans l’industrie du sexe au même titre qu’en France on prend un job étudiant dans un fast-food. Sauf qu’il y a sexe et sexe et, comme je disais plus haut, ici c’est sans pénétration (la plupart du temps). C’est une terre vierge, pas une autoroute. Et dixit Saori, une amie de Yumi, c’est un travail, accompli d’abord pour des motifs économiques (consommer, consommer, consommer demande de l’argent) avant de l’être par plaisir. Elle ajoute que ce qui se passait au boulot restait au boulot : elle n’en couchait pas pour autant à droite à gauche dans le civil. Filles faciles, ça reste donc à prouver…
D’autant, justement, que cette expérience rend celles qui l’ont vécu un peu plus au fait de certains aspects de la vie, pas toujours les plus agréables. Lesdites damoiselles font passer le jeune mâle occidental pour un immature complet (ce qu’il est de toute façon jusqu’à ses 25 ans) et le plus naïf des deux n’est pas forcément celle qu’on croit…
Parce que la Japonaise lambda n’est ni plus conne ni plus cochonne qu’une autre. Certes le Japon compte aussi son lot de salopes – désolé de briser les illusions des idéalistes qui imaginent l’excès inverse des Japonaises tout en retenue et toujours propres sur elles –, mais elles ne m’ont pas semblé plus nombreuses qu’en France, du moins à ce que j’en vois quand je sors dans les bars de ma bonne ville de Kyoto.
Plus soumise, ça reste à voir aussi. La condition de la femme a fait du chemin au Japon et même s’il lui en reste encore beaucoup à parcourir, on n’est plus au Moyen Age. Et puis la Japonaise qui fricote avec un gaijin, par définition, est moins soumise que la moyenne, puisqu’elle ne se conforme pas à la règle tacite de “l’endogamie nationale” (suffit de voir comment les gamins nés d’union mixte Japonais(e) + Blanc, Noir, Asiatique hors Japon, vert, bleu, sont traités comme des parias pour voir que cette règle pèse énormément). La légende de la femme docile et obéissante tient de moins en moins la route chez les plus jeunes générations.
Enfin, le gag ultime, ces messieurs qui viennent avec des rêves de conquête plein la tête projettent ce qu’ils sont sur leurs “victimes”. Ils croient dur comme fer à ce mythe du gaijin irrésistible, parce qu’eux-mêmes sont incapables de résister aux charmes d’une Japonaise. Et victimes, elles ne le sont pas tant que ça. Forcément, dans le lot de celles qui “succombent”, certaines se font avoir par de beaux parleurs qui leur promettent monts et merveilles avant de s’évaporer une fois qu’ils leur ont pété la rondelle. Mais les autres, si elles consentent, c’est parce qu’elles le veulent bien, pas sous hypnose ou sur un claquement de doigts magique. Et surtout, surtout, elles savent en faire autant !
L’argument de l’exotisme est en effet lui aussi à double tranchant : beaucoup de Japonaises sont conscientes de la fascination dont elles sont l’objet aux yeux de beaucoup de gaijin… et certaines en jouent. Ne soyez pas de surpris de vous faire allumer et de repartir la queue basse, au propre comme au figuré.
Pour en avoir discuté avec certaines amies de Yumi qui ont été confrontées à ce genre de connards, j’en ai appris de bien bonnes. L’une m’a raconté que lorsqu’un gaijin la drague uniquement dans l’optique de coucher, elle l’allume à mort pour se faire payer à boire à l’œil toute la soirée, et disparaît finalement dans la nuit quand il devient trop pressant. Une autre avoue sans complexe se “taper du gaijin” et les jeter comme des malpropres après le crac-boum-hue. Elle explique vouloir prendre un maximum de bon temps avant de rentrer dans le rang des adultes. Autant dire que dans le genre soumise, elle fait plutôt figure de chasseresse rebelle et redoutable, aussi docile que le croisement d’Alien et Predator.

Ah, ces Japonaises, incorrigibles...

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