Phare phare ah ouaip ?

Comment ça mon anglais est désastreux ?

Il est encore temps de partir enseigner les langues au Japon. Depuis la catastrophe de Fukushima du 11 mars 2011, c’est même la période idéale. Que ce soit pour du court ou long terme, les arrivées sur le sol des toursites et résidents ont baissé de 80 à 25% selon les mois. Entre les étrangers partis et pas revenus et ceux qui finalement ont annulé leur venue, la concurrence est moindre sur le nombre de places disponibles.

Prof de langue au Japon, c’est la classe (non, je ne suis pas objectif). C’est surtout très vague vu le nombre de variables en amont (la situation initiale du (futur) prof) comme en aval (postes et conditions d’enseignement). Il serait difficile voire impossible de tout passer en revue, d’autant que je ne dispose pas d’une connaissance encyclopédique sur ce vaste sujet et que je ne vois qu’un intérêt très relatif d’acquérir lesdites connaissances maintenant que je suis casé.
Alors, pour la collecte d’infos, il y a Internet, qui est certes votre meilleur ami mais un ami douteux dont on doit mettre en question et vérifier chaque parole. Le web abonde en récits d’expériences professorales, de première main mais subjectifs et relevant toujours quelque part du cas particulier. On trouve également pas mal de pages généralistes sur l’enseignement au Japon qui ont l’avantage de présenter un exposé plus objectif mais déconnecté de certaines réalités pratiques. Bref, si vous envisagez de vous installer comme prof de langue, je vais partir du principe que vous n’êtes pas une moitié de branquigole et que vous avez deux-trois notions de recherche intelligente (on ne se contente pas d’UNE source et on vérifie TOUJOURS ses infos).
Je connais surtout mon cas, forcément. J’ajoute celui de Yumi qui a accompli la démarche inverse (enseigner le japonais en France) et d’un pote qui vit à Nara et qui a testé diverses formules à Tokyo dans sa jeunesse. Viennent enfin se greffer quelques récits de connaissances qui ont vécu des expériences similaires (fac, Alliance française…) dans d’autres pays (Mexique, Chine, Australie…).

Les pré-requis

Enseigner, c’est un métier, pas quelque chose qui s’improvise. Il ne suffit pas d’arriver la bouche en cœur et de commencer à parler français pour s’auto-bombarder prof.

  • La langue : Premier pré-requis, parler français. Alors attention, il ne s’agit juste de connaître la langue en surface, mais de la maîtriser. Syntaxe, grammaire, orthographe, vocabulaire, niveaux de langue, conjugaison, etc. Toutes les règles doivent être connues sur le bout des doigts. Le niveau doit être parfait à l’écrit comme à l’oral. Lé fote dortograf sont bannies, cela va de soi. Si vous êtes du genre à ponctuer vos phrases de “si j’aurais su” et autres “il faut que je vais”, restez chez vous, c’est mieux. Cette langue, il faut la connaître, la comprendre, la maîtriser, l’aimer et surtout savoir jongler avec.
  • Les diplômes : Pas besoin. Enfin, ça dépend, certains postes en exigent un, ce qui rend ce point indispensable ou totalement superflu selon les cas. Mais sur le plan théorique, ce n’est pas le diplôme qui fait l’enseignant et il y a pas mal d’endroits où on peut bosser sans ce bout de papier qui n’est souvent que très théorique. Evidemment, si vous avez un diplôme de FLE ou de lettres, ça aide. Idem les concours du Capes et de l’agreg.
  • La compétence : Les diplômes, c’est bien, les concours, c’est bien (encore que sur ce dernier point, ça reste à voir), mais c’est très théorique et ne pèse pas lourd tant qu’on n’a pas été confronté à la réalité du métier. Pas besoin d’avoir enseigné à la Sorbonne, rassurez-vous. Un étudiant de première année de fac rodé aux cours particuliers pour arrondir ses fins de mois est largement mieux armé qu’un docteur es lettres qui ne s’est jamais retrouvé devant un élève. Enseigner ne nécessite pas des compétences, mais une seule, de taille : la pédagogie. Le reste, c’est bonus. Faut bossser aussi, les cours ne se préparent pas tout seuls.

Comme je disais, enseigner, c’est un métier, pas quelque chose qui s’improvise. Présenté comme ça, ça paraît peut-être prétentieux. Bah non, on fait pipi et caca comme tout le monde. En pratique, c’est un métier, oui ; sans doute moins évident que le pensent beaucoup de gens mais très accessible quand même. Faut juste avoir les connaissances et savoir les transmettre.

Sans que ce soit des pré-requis indispensables, quelques bonus peuvent faciliter la vie du prof de français au Japon.

  • Parler japonais, mon leitmotiv. Oui, je radote. N’empêche que ça vous facilitera considérablement aussi bien la vie quotidienne que le boulot. Surtout si vous enseignez comme prof en free-lance, c’est plus pratique pour prendre contact avec vos élèves (qui par définition ne parlent pas ou peu français). Et même avant de partir, la pêche aux renseignements s’en trouve considérablement facilitée, que ce soit via le web (peu de sites web nippons ont une VF et pas forcément une version anglaise) ou pour prendre contact avec celui qui sera peut-être votre futur employeur.
  • Parler anglais, même si ça me fait mal au cul de le dire tellement j’abhorre cet idiome. La demande en anglais est très nettement supérieure à celle pour des cours de français. C’est le genre de corde à votre arc qui peut vous ouvrir pas mal de portes, surtout dans les boîtes privées ou si vous bossez à votre compte. Ceci dit, les natifs de pays anglo-saxons sont privilégiés (pas seulement parce que l’anglais est leur langue maternelle, mais aussi comme critère d’embauche).

Les variables

Je vais passer sur les évidences touchant à l’installation dans un pays étranger en les résumant à un seul mot : l’adaptation. J’aurais dû le mettre dans le chapitre précédent, car cette faculté est indispensable, vitale même, sous peine de repartir au bout de quelques semaines.
Age et situation ouvrent ou ferment des portes. Par exemple les étudiants ont la possibilité de profiter d’échanges universitaires. Se posent également des questions comme : les contacts éventuels sur place ? un poste vous attend-il sur place ou partez-vous à l’aventure (auquel cas, mieux vaut avoir du blé de côté pour survivre dans un premier temps) ?

Attention à l’atterrissage

Bon, vous êtes un dieu du français. Vous avez l’enseignement dans le sang. Vous mourez d’envie d’aller au Japon. Où aller ?
Deux options : l’école ou le privé. Par école, j’entends le système éducatif japonais (public et privé). Par privé, le reste.

  • Les juku
    Les juku (塾, terme courant pour 学習塾, Gakushū juku) sont des établissement privés spécialisés dans les cours en soirée et week-end. Le niveau couvre l’ensemble du cursus scolaire, de l’école primaire à l’université. Les critères de recrutement sont trèèèèès variables, de même que ce qu’offre l’établissement en matière de salaire ou d’à-côtés (prise en charge du visa, etc.). La vocation de ces établissements est de transformer les élèves en killers, ce qui les rend plus ou moins comparables aux classes prépas françaises. Par exemple, on y fait bachoter comme des malades les élèves qui doivent préparer les concours d’entrée en lycée ou à l’université. A côté, pour les niveaux sans concours, on trouve aussi bien du renforcement pour que les bons élèves deviennent des ténors que du soutien scolaire pour mettre à niveau les élèves en difficulté.
  • Les écoles de conversation
    Petites ou grosses, solides ou éphémères, on trouve de tout et décliné en plusieurs versions. Evidemment, l’usage pratique de l’oral prime sur l’écrit.
    L’école de conversation standard recrute des étrangers pour enseigner la conversation. On s’en doutait… Un diplôme universitaire est souvent requis. S’il concerne la langue ou l’enseignement, c’est mieux, le top étant le FLE. A temps plein, 5 jours de boulot par semaine, à raison de 5-8h/j. La plupart des cours ont lieu l’après-midi ou le soir, vu que le public visé, aussi bien des adultes que des enfants, est à l’école ou au travail le reste du temps. Une classe se compose de 10-15 élèves, majoritairement des étudiants, salarymen, hommes d’affaires, et souvent en prévision de séjours ou détachements à l’étranger. D’après ce que j’ai lu, je cite “la plupart des écoles de conversation s’occupent des billets d’avion et du logement, du visa de travail et de l’assurance-maladie, en plus d’offrir sur place une formation en pédagogie”. Bref, sur le papier, c’est le bon plan.
    Les cafés linguistiques sont des cafés (si si, je vous jure) où les Japonais viennent pratiquer les langues étrangères dans un cadre moins formel que l’école de conversation. Un hôte (le “prof”) et une poignée de convives papotent de sujets divers et variés autour d’une table et d’une tasse de thé. C’est moins un travail d’enseignant que d’animateur puisqu’il faut faire vivre “sa” table, lancer les sujets et animer les conversations. Puisque le concept s’adresse à des gens qui cherchent un enseignement pratique, la pédagogie est secondaire par rapport à la tchatche et une certaine culture générale pour pouvoir suivre et mener n’importe quelle discussion sur n’importe quel sujet.
  • Les entreprises
    Certaines entreprises forment leurs employés à l’usage d’une langue étrangère, ce qui évidemment vaut surtout pour l’anglais. Les critères peuvent énormément varier en termes de critères d’embauche (diplômes, expérience), salaire, avantages (logement), conditions de travail (30h/semaine en moyenne), enseignement (usage écrit/oral ou conversation).
  • Le quidam lambda
    Vous pouvez aussi travailler pour le Japonais de base. Je ne parle pas de finir précepteur pour une famille de satrapes (encore que…), mais bêtement de donner des cours particuliers. L’avantage, c’est une grande flexibilité horaire. L’inconvénient… Vous vous déplacez beaucoup. La concurrence est rude, surtout en anglais. En français, un peu moins, mais il y a nettement moins de demande aussi. Evidemment, ça dépend où vous comptez vous installer. Au fin fond d’un village perdu, ça risque d’être dur de trouver de la clientèle. Il existe pas mal de sites spécialisés sur lesquels s’inscrire pour proposer des cours. J’ignore s’il existe un équivalent local d’Acadomia, qui serait l’intermédiaire entre le pur free-lance et le juku, je vous laisse chercher, j’ai trop la flemme.
    En me basant sur diverses lectures et surtout le retour d’expérience de l’ami Pierrot qui a exercé dans le domaine. La concurrence acharnée oblige à creuser sa niche avec des prix (donc des revenus) moindres… mais pas trop (cours pas assez chers = cours moisis dans la tête du client). Il vaut mieux en faire une activité d’appoint ou avoir un deuxième job en parallèle (par exemple, mixer cours particuliers et café-langues), surtout à Tōkyō où la vie est très chère. Idem pour faire face à une fréquentation parfois très fluctuante : les vacances d’été, la Golden Week et le Nouvel An peuvent plomber vos revenus, vos élèves étant trop occupés par leurs congés et les festivités. De même il n’est pas rare que les élèves s’évaporent dans la nature du jour au lendemain sans plus donner de nouvelles. La rotation des gens qui apprennent par plaisir est énorme par exemple, celle des élèves qui préparent un test d’aptitude en français moindre. Quant aux élèves qui viennent apprendre quelques bases linguistiques en vue d’un séjour en France (ou au Canada, en Belgique ou autre pays francophones), ils font partie d’un pool temporaire que vous auriez donc intérêt à penser à renouveler sans attendre la dernière minute.
    Bref, aventureux, aléatoire et pari risqué, mais faisable. Comme dit Pierrot, l’idéal est un petit job stable pour assurer un revenu de base et les cours en prime pour le complément. Lequel complément peut s’avérer juteux mais parfois au prix d’un gros investissement (beaucoup d’étudiants = beaucoup de cours à préparer + beaucoup de déplacements). Deux remarques de Pierre : a) le nombre de nanas est supérieure au nombre d’hommes, de l’ordre de deux tiers, voire trois quarts des effectifs, ce qui peut amener des choses qui en entraînent d’autres (il a une notion bien à lui du “cours de langue”) ; b) si on n’attend pas trop après la tune des cours, un bon plan peut consister à échanger des cours de français contre des cours de japonais, ce qui évidemment ne remplit pas votre gamelle mais vous permet d’apprendre la langue sans débourser d’argent pour des cours.
  • Les structures françaises
    En vrac, on peut citer entre autres l’Alliance Française, le lycée franco-japonais de Tōkyō ou l’école française du Kansai. Voir leurs sites respectifs pour plus d’infos (je vous mâche le travail, tout est ). Pour les deux derniers, je n’en sais pas lourd, j’évite comme la peste tout ce qui a trait à l’Education nationale française et sa façon de traiter comme de la merde les personnels non titulaires de la fonction publique (ceux-là même qui paient des impôts donc les salaires de l’Education nationale). Peut-être qu’ici la mentalité est différente (mais j’ai un gros doute).
    Il y a cinq Alliances Françaises au Japon (leurs sites sont dans le lien juste au-dessus). Leurs sites m’ont laissé dubitatifs (j’ai trouvé “fin gourmand” au lieu de “fin gourmet” sur celle de Sapporo par exemple). Idem le fait qu’elles soient liées au ministère des Affaires Etrangères. Ayant un préjugé notoire (mais avéré par diverses expériences mémorables avec la Sécu, Pôle Emploi, la CAF, les impôts… donc pas un préjugé gratuit) contre tout ce qui relève de l’administration française, je laisse à chacun le soin de surfer et de se faire son idée.
  • L’école (la vraie)
    Les établissements scolaires classiques emploient des profs (eh oui !) pour donner des cours de langue (encore un scoop !). Que dire si ce n’est que les cas de figure sont infinis selon le niveau (du primaire à l’université), le lieu (entre Tōkyō et un bled paumé, y a une marge), le critère public/privé, le prestige de l’établissement, etc. En lycée et université, un diplôme est généralement exigé, ainsi que de l’expérience. En primaire et collège, ce n’est pas forcément indispensable, mais vu que les diplômés sont privilégiés… Le cas du secteur privé est à part puisque les critères sont à la discrétion de l’établissement. A noter, puisqu’il s’agit de “vrais” postes de prof, en plus des cours, il faut assurer des tâches annexes (comme en France). Il existe également dans le cadre d’échanges universitaires des postes de profs adjoints ou d’assistants sur lesquels je ne sais strictement rien.
    Autant certains débouchés précédemment cités peuvent constituer des activités annexes ou temporaires, autant dans ce cas, il s’agit d’un “vrai” boulot (dit sans  dénigrer ce qui précède), conçu comme du long terme et qui demande un minimum de vocation à enseigner. Cf. série d’articles sur l’école japonaise pour en appréhender les différents aspects.

 Mon cas à moi-je

Articles connexes (mode Wikipedia) :

En piochant dans ces différents articles, résumé de ma situation :

Je bosse comme prof de français à Kyōto. J’ai atterri là grâce à une grosse dose de chance, une belle opportunité, un bon contact et un CV qui ne m’y prédisposait pas forcément.
En effet, le père de Yumiko, ma copine-petite-amie-compagne-future-épouse-également-collègue, est directeur d’un établissement privé couvrant l’équivalent des niveaux français collège-lycée-CPGE. Le départ en retraite d’un enseignant de français à la fin de l’année scolaire 2011-2012 laissait un poste vacant qu’il m’a proposé. Pas juste sur ma bonne mine ou le fait que je sorte avec sa fille, mais aussi sur CV, entretien et examen de mes (multiples et innombrables) compétences et qualités (dont la modestie en premier lieu). Ce cher monsieur Takeda, lui-même couramment francophone, a été séduit par le pack diplômes, expérience, parfaite maîtrise du français et pratique courante du japonais. Bah oui, le piston a ses limites et l’établissement une réputation à tenir pour justifier une sélection draconienne des élèves, tant sur le plan scolaire que financier (les frais d’inscription sont prohibitifs, z’avez pas idée).

J’assure une vingtaine d’heures par semaine, incluant cours de langue, ateliers culturels sur la France et chapeautage d’un club scolaire. Hors travail strictement professoral, je n’ai qu’un minimum syndical à assurer en tâches annexes, ayant sur ce plan un statut un peu à part de mes collègues (privilège de gaijin “débutant” qui sautera à la rentrée prochaine). A l’arrivée, ça représente un assez gros boulot, rien que pour préparer et assurer des cours sur des niveaux et âges aussi variables. Ceci dit, avec un emploi du temps concentré et organisé au quart de poil (grosso modo 8h30-12h), il n’y a pas de temps perdu à cause d’heures de cours éclatées n’importe quand dans la journée, ce qui me laisse une quantité conséquente de temps libre.
En amont, je n’ai rien eu à faire ou presque tant pour les formalités que les frais, mon employeur s’étant chargé du contrat, du visa de travail, des billets d’avion et du logement. Au rang des nombreux avantages, ce bahut pue le fric et je ne vais pas m’en plaindre. Je suis quasi millionnaire chaque mois. Pour être plus juste, ce n’est pas “je”, mais Yumi et moi, donc “nous”. Et c’est en yens, pas en euros (le bahut est plein aux as mais pas à ce point quand même). Ce qui nous fait quand même dans les 400000 ¥ par tête en tant que profs, plus les à-côtés via cours particuliers, moins pas grand-chose puisqu’on a un logement de fonction sur le campus (donc loyer = 0, transports professionnels = 0, et pas besoin de bagnole qui pèse sur un budget en assurance, carburant, entretien, parking…).
Oui, je sais, en France, on n’aime pas balancer le montant son salaire comme ça, par pudeur ou honte mal placée, ce qui est débile, puisqu’on trouve facilement des grilles salariales socio-profesionnelles permettant de savoir facilement qui touche quoi. En l’occurrence, pour mes débuts ici, je touche plus qu’un agrégé avec 20 ans de carrière en France. (Et pour avoir été rmiste à une époque pas si lointaine, je sais tout aussi bien ce que ça fait d’être à l’autre bout de l’échelle et de devoir surveiller le moindre centime de dépense.)
Bref, une place en or, au propre comme au figuré. Et elle est prise, pas la peine d’espérer postuler.

A côté, les cours particuliers que nous donnons à une vingtaine de personnes, c’est plus par plaisir que par réel besoin, raison pour laquelle on s’est montré sélectif pour le recrutement, de façon à éviter les effectifs volatiles. La moitié sont des élèves du bahut, ce qui a le mérite d’éviter d’avoir à se déplacer chez eux. Quant aux “civils”, on a tapé dans la frange francophile des amis de la famille de Yumi et dans nos connaissances respectives, ce qui donne un effectif aussi hétéroclite qu’un Cluedo (prof de maths, salaryman, médecin, retraité, doctorant, et même une geiko).

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