Shinjuku

 Visite guidée de Shinjuku à Tōkyō.

Shinjuku-ku (新宿区) est un des 23 arrondissements qui divisent la ville de Tōkyō. Je ne l’ai pas visité dans son intégralité, il fait la taille d’une ville à l’échelle française : 18,23 km² pour une population estimée à 325000 habitants.
L’arrondissement s’organise géographiquement autour de la gare. Le centre administratif est situé dans le quartier du Kabukichō, selon une logique qui m’échappe de caser les fonctionnaires au milieu des professionnelles du sexe. C’est également à Shinjuku que se dresse le siège de la préfecture métropolitaine de Tōkyō.
L’ensemble forme un assemblage de quartiers et lieux notables ô combien hétéroclites :

  • Shinjuku Nichōme (新宿二丁目), le quartier gay. Pas visité, n’ayant pas grand-chose à y faire.
  • Ōkubo (大久保), le quartier coréen.
  • Shinjuku Gyoen (新宿御苑), magnifique parc impérial d’une soixantaine d’hectares.
  • Shinjuku Eki (新宿駅), la gare, édifice gigantesque où on a vite fait de se perdre puisque c’est une des plus grandes du monde (200 sorties paraît-il). A proximité, on trouve Omoide Yokochō (思い出横丁), “l’allée des souvenirs”, ruelle aux nombreuses gargottes… poétiquement surnommée Shonben Yokochō (ションベン横丁 ou しょんべん横丁), “la rue de la pisse”.
  • Nishi Shinjuku (西新宿), le quartier des affaires, surnommé le quartier des gratte-ciel à cause de son architecture. Sièges d’entreprise et hôtels de luxe y sont installés, ainsi que le Tocho, QG de la préfecture métropolitaine de Tōkyō (東京都庁舎, Tokyoto Chōsha).
  • Kabukichō (歌舞伎町), quartier des plaisirs et frasques en tous genres (article complet ici).
  • Kagurazaka (神楽坂), où l’on trouve les hanamachi donc les geisha (mais je préfère celles du Gion à Kyōto), ainsi qu’une communauté française regroupée autour de l’Institut Franco-Japonais. J’y suis passé voir les geisha (vieux réflexe…) en rasant les murs pour éviter mes compatriotes (répondant parfois en allemand que je n’étais pas français).
  • Takadanobaba (高田馬場) ou Baba, le quartier étudiant.
  • Shinjuku gōruden gai (新宿ゴールデン街) ou Golden Gai, qui n’est pas sans rappeler le Quartier de la Soif à Lille. On y compte environ 200 bars et restaurants agglutinés les uns aux autres comme une phalange macédonienne. Détail notable, la plupart des menus et cartes sont en VO non sous-titrée, raison pour laquelle on a des chances de m’y croiser.
  • Ichigaya (市谷), quartier commerçant qui abrite également le Ministère de la Défense et le musée-mémorial des forces d’autodéfense (dans le bâtiment même où Mishima Yukio s’est éventré). La profusion de magasins en fait le lieu où on a le plus de chances de croiser Yumi (et par conséquent moi) en virée dans la capitale.

Ne connaissant pas la ville de Tōkyō par cœur et n’y résidant pas, on m’excusera certaines approximations, la suite étant d’abord une question de ressenti par rapport à mes visites dans d’autres coins de la capitale.
De ce que j’ai vu de Tōkyō, Shinjuku est la partie la plus moderne et pas forcément celle qui me plaît le plus, n’étant pas fan des gratte-ciel. Ceci dit, il faut reconnaître que les tours ont de l’allure, impressionnent et méritent le détour, ce qui me permet de vous placer ici le poncif sur l’architecture futuriste de la ville. Ceci dit (bis), la taille de l’arrondissement est telle que la visite ne s’y limite pas et, autre poncif, on passe de l’ultra-modernité à la tradition parfois simplement en passant le coin de la rue. En témoignent les hanamachi et le parc impérial.

La philosophie du coin, ou plutôt les philosophies, tourne autour de deux axes : les affaires et le plaisir. Le premier, rien à dire, je ne me suis pas penché sur la question. Pour le second, on a l’embarras du choix selon son âge, son orientation, ses goûts, ses attentes, son budget, ses envies… Les quartiers gay, étudiant et soiffard abondent en restos, bistros et boîtes. Le Kabukichō satisfera tous vos fantasmes sexuels. Ichigaya vous permettra de vider votre compte en banque, puisqu’on y trouve de tout, notamment en matière de fringues, de la tenue d’écolière pour adulte (yabon !) au foulard Hermès. Le seul risque dans ce dernier cas, c’est de repartir chargé comme un sherpa, ma chère et tendre ayant tendance à collectionner les paires de bottes… et de me charger de la corvée du transport de ses emplettes…
De nuit, le quartier fait passer Paris pour une loupiote faiblarde et doit être visible depuis Pluton. Même si on est pas fan comme moi des enseignes au néon à tout-va, il faut avouer que le spectacle est impressionnant. C’est aussi un bon moyen pour commettre le crime parfait sur un épileptique.
Pour les amateurs de tradition (et de calme), je ne saurais trop conseiller une promenade dans le parc impérial du Shinjuku Gyoen, aménagé selon les endroits en jardins anglais, japonais ou à la française. La visite du Tōken hakubutsukan (刀剣博物館) m’a également ravi, puisqu’on y trouve une collection impressionnante d’armes anciennes, dont les fameux katana (刀), ainsi que des armures (鎧, yoroi ; 大鎧, ōyoroi) et pas mal de documentation sur la forge, sujet qui me passionne (ouaip, je suis un genre de geek archaïque).

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