La geste d'Angie's Rainbow
Il était une fois... Les préparatifs
L'annonce est faite fin avril : A Mighty Heart
et Ocean's 13 seront présentés
officiellement lors du 60e Festival de Cannes ! Premier réflexe
évident : on lance l'idée de nous y rendre pour alpaguer
les vedettes de chaque film.
Puis on patiente, car les dates de projection des films ne sont pas encore
publiées. La patience sera d'ailleurs un des maîtres mots
de "l'opération Cannes"...
Les jours passent, certains se ressemblent, d'autres non...
Enfin arrive la date du 10 mai, annoncée comme celle de la publication
des dates de réjouissance : la montée des marches pour la
première d'Un Coeur Invaincu aura lieu
le lundi 21 mai ! Le Jour J déterminé, on peut s'attaquer
au débarquement sur la plage cannoise, plus tranquille qu'Omaha
Beach.
Sachant que le Festival débute le 16, c'est court, très
court pour s'organiser. Trouver une chambre d'hôtel à quelques
jours d'un tel événement, il faut aimer les défis
impossibles. Nous, à Angie's Rainbow,
on aime les défis. Les questions logistiques seront finalement
vite réglées à force de persévérance
et d'un petit coup de chance : Maggie nous
dégotte une chambre miraculeusement libre pour cette période...
on vide nos comptes secrets des îles Caïman pour régler
l'hébergement et le transport... et hop, le tour est joué
! On aura quand même piqué de sacrées suées
pendant ce marathon de recherches, coups de fil, fausses joies pour des
chambres libres qui ne l'étaient plus, syncopes à l'annonce
des tarifs... Les douze travaux d'Hercule sur une après-midi...
Quelques litres de champagne et feux d'artifice plus tard, notre courageuse
équipe peut faire sur le forum l'annonce officielle de l'envoi
d'une délégation à Cannes. Angelina et Brad auront
donc l'immense privilège de rencontrer les "rainbow ambassadeurs"
Maggie, Gersouille
et moi-même, le grand, beau et modeste Kunopès
! (Notez que l'inverse est vrai aussi.)
Ne reste plus qu'à patienter (bis). En attendant, on prépare
notre arsenal de parfaits touristes.
Vient enfin le jour tant attendu... Le
séjour
Cannes, c'est tout moisi...
Un conseil, si vous voulez y aller juste pour voir, n'y allez pas !
Côté tarifs, c'est option "festival", donc hôtels
deux à trois fois plus chers que d'habitude (et sans vaseline,
on le sent bien passer). Côté accès, vous ne verrez
rien, il y a des barrières et des agents de sécurité
partout, et rien n'est accessible au commun des mortels. Pour faire ça,
ils pourraient aussi bien organiser le festival à huis clos dans
un bunker. Côté stars... eh bien la plupart, vous ne les
verrez que de loin parce qu'il est très dur de s'en approcher quand
on n'est pas un professionnel du cinéma (ou de la chasse aux stars).
Et quasiment rien n'est ouvert au public lambda. Quant à ces marches
dont on nous bassine tant, eh bien, sachez que si vous n'êtes pas
un officiel ou un photographe accrédité, vous ne verrez
le tout que de loin, écrasé contre une barrière,
avec des dizaines de têtes et de mains qui vous bloquent la vue,
voire des tas de gus sur des escabeaux : mieux vaut les voir à
la télé, le spectacle est de bien meilleure qualité
(moins le frisson d'y être pour de vrai, toutefois). Un mot sur
les autochtones pour terminer : les commerçants du coin sont dans
l'ensemble particulièrement peu aimables quand ils ne vous traitent
pas comme des moins que rien (ceci dit, on a eu du pot dans les restos
où on a mangé et les flics du coin sont sympas quand on
leur demande quelque chose).
Bref, si c'est juste "comme ça", passez votre chemin,
ça ne vaut pas le coup.
Mention spéciale pour pas mal de stars qui sortent de leur hôtel
pour se jeter dans une bagnole aux vitres teintées, arriver aux
pieds des marches et les grimper le plus vite possible comme si le dernier
arrivé devait payer un coup à tout le monde. Tout ça
sans se retourner pour faire signe à la foule des badauds (dont
certains passent plus de 4-5 heures à les attendre en plein cagnard).
Une expérience à ne pas tenter si c'est dans l'idée
de faire le touriste, à moins de vouloir être pris de haut
par tous ces péteux snobinards en smoking. Cannes, c'est comme
Gizmo : caca.
Voilà pour l'impression générale. Ça part
très bien, comme vous le voyez...
Ceci étant, je repars très satisfait de mon séjour.
En premier lieu, c'était l'occasion de revoir Gersouille
et Maggie (dommage encore une fois qu'on n'ait
pas eu toute l'équipe). Le seul hic, c'est d'avoir dû dormir
dans le canapé, parce que Maggie refusait
catégoriquement qu'on fasse des cochonneries dans le lit qui s'y
prêtait pourtant très bien vu son étroitesse propice
au rapprochement des corps... En tout cas, c'était un réel
plaisir de passer une journée avec Gersouille
et trois jours avec ma vahiné chérie. Déjà,
rien que pour ça, le déplacement valait son pesant d'or.
Cannes, c'est la guerre. Et ça aussi ça m'a bien plu. Seul
problème, on partait avec un handicap tactique majeur : pas de
contacts sur place, aucune expérience du festival, ni bons plans,
ni accréditations pour aller où que ce soit...
Eh bien même comme ça, on a réussi !!!
Lundi matin, après le rassemblement du trio de lumière (Maggie,
Gers et moi, pour ceux qui n'auraient pas
tout suivi), on a flâné sur la Croisette, puis on s'est rapproché
des marches... et là, on tombe sur des escabeaux accrochés
aux barrières avec des antivols. Ça surprend... Explication
: des fans, chasseurs de photos de stars et photographes font ça
pour se garder la place au premier rang (et accessoirement bouchent la
vue à tout le monde). On tombe sur des gars qui matent des photos
de Sharon Stone prises sur les marches la
veille, on papote... et là on apprend deux choses : 1) l'avenir
appartient vraiment à ceux qui se lèvent tôt, et que
la chance sourit vraiment aux audacieux; et 2) ces sympathiques chasseurs
d'images nous disent où Angie va descendre pour se rendre au photocall
qui doit avoir lieu vers les midi et quart.
Munis de ces précieux renseignements, notre commando entreprend
une longue et périlleuse anabase vers l'objectif. Au terme de ce
périple digne d'Alexandre le Grand, point de Poros ni d'éléphants
de guerre... mais retour des escabeaux en pagaille, surplombés
pour partie de cornacs présents parfois depuis cinq heures du matin...
Evidemment, pas moyen de négocier un bout de place, même
sous leur escabeau (qu'on imagine sans peine truffé de "Boum
j't'attrape"). Ceci dit, si certains étaient de vraies hyènes,
d'autres se sont montrés très sympas, ce qui nous a permis
de choper quelques tuyaux pour la suite de la mission.
Bon, on s'installe en plein soleil (il faisait déjà 29°
à 11 heures du matin). On a tous cramé peu ou prou. A la
fin de la journée, je ressemblais à une glace vanille fraise.
Ecarlate où j'ai pris le soleil, couleur naturelle d'endive ailleurs...
On attend...
On patiente...
On s'impatiente...
Et là, ils déboulent !
Brad et Angie en vrai de vrai !
Evidemment, ça a été la folie et pour y voir quelque
chose entre les escabeaux, le grillage, les forêts de bras et de
jambes et les appareils photos qui s'agitaient dans tous les sens, ce
n'était pas évident... Mais bon, je les ai vus !!! On a
beau s'y préparer mentalement, fanfaronner et jouer les marioles,
ça fait un choc.
Et je peux vous dire que quand Angie a salué, après avoir
tant déconné là-dessus sur le forum, ce n'est pas
rien ! J'avais la paluche magique devant moi ! la mimine sacrée
en action ! le Graal à portée de main, si je puis dire...
Et contrairement à d'autres, Angie salue beaucoup. Elle s'est approché
du grillage, a signé quelques autographes et s'en est allée
au photocall.
Dispersion des troupes montées sur escabeaux... mais on apprend
que peut-être Brad et Angie sortiront un peu plus loin... Ce qui
est tant mieux, parce qu'elle s'est arrêtée juste avant d'arriver
à hauteur de Maggie qui tendait notre
cadeau et qu'on l'a donc encore sur les pattes (le cadeau, pas Maggie).
Alors on y va...
Et on attend... encore...
Entretemps, on aperçoit Philippe Torreton,
Eric et Ramzy, Michelle
Yeoh et Samuel Le Bihan (le chouchou
de Maggie). On mitraille, ça nous occupe.
On sursaute chaque fois qu'une voiture approche...
Et on attend...
On papote un peu avec une fan de Brad qui fait aussi le pied de grue...
Et on attend encore...
(Au passage, on entend quelqu'un murmurer à l'oreille de l'agent
de sécurité que c'est un veinard parce que Brad Pitt va
passer devant lui, ça aide à être patient, parce qu'on
commençait à avoir l'estomac vide, la vessie pleine et le
gosier déseché.)
Et soudain...
Deux motards de police et un cortège de voitures s'avancent...
Lentement...
Ils s'arrêtent à notre hauteur ! Et c'est encore eux ! Et
vas-y qu'on s'agite comme si on jouait une pub pour du poil à gratter
! on montre notre paquet ! on braille ! (Enfin, c'est surtout Gersouille
qui hurlait pour toute la Croisette "on a un cadeau" et "happy
birthday Mickey".)
Et là, miracle ! Angie nous montre du doigt ! Brad commence à
défaire le pare-soleil intérieur pour ouvrir la fenêtre
! Il s'escrime un peu, met le bout de tissu KO et bzzzz, la vitre descend.
Pendant une seconde, j'ai eu une vue imprenable sur l'intérieur
de la voiture ! Brad était juste de l'autre côté de
la portière, Angie à sa gauche, et je m'en suis mis plein
les yeux... Je pouvais difficilement être plus près à
moins de m'asseoir entre les deux.
Je ne sais pas combien de temps ça a duré. Une poignée
de secondes... Mais quitte à faire cliché, le temps semble
vraiment suspendre son vol. Je n'ai rien vu, rien entendu d'autre durant
ce court instant. C'était juste eux et moi avec arrêt sur
image.
Après avoir vécu de l'intérieur le poncif du temps
qui s'arrête, me voilà éjecté... parce que
je ne pèse que 60 kg et que je dégage à la moindre
poussée, surtout quand une dizaine de personnes s'y mettent. Pendant
ma téléportation, Maggie réussit
à passer son bouquin pour se le faire dédicacer et on parvient
à transmettre notre paquet cadeau ! ! !
Puis le cortège a filé sans plus tarder, car en moins de
deux minutes, c'était noir de photographes (dont 99% étaient
des paparazzis). Et là, la sécurité ne rigolait plus.
J'ai vu ce que signifiait "harcelé par les photographes"
et franchement, l'envie de baffer certains ne manquaient. Tout hystérique
qu'était le groupe de fans collé à leur portière,
hurlant à s'en faire péter les cordes vocales, gesticulant
comme des forcenés - on devait vraiment faire vus peur de loin
-, eh bien à côté d'eux, on est des gentils...
Enfin bon, on avait atteint notre objectif. Brad en gros plan et Angie
à moins d'un mètre, même si ça s'est passé
très vite, je peux vous dire que ça fait quelque chose...
on n'en sort pas indemne... Autant Gersouille
et Maggie sautaient dans tous les sens, autant
moi, j'étais complètement stone. C'est le genre d'instant
dont on sait qu'il est réel mais tellement énorme qu'on
se retrouve avec un pied dans la réalité et un autre dans
le fantasme.
Il y a bien sûr un gag... Dans le paquet, outre les cadeaux pour
Brad, Angelina et leur équipe de marmots, on avait mis un petit
mot et à tout hasard, on avait laissé nos coordonnées
au cas où... Sait-on jamais pendant un trou entre deux interviews...
Ben moi qui déconnait avec ça, maintenant, c'est chose faite
: Angelina a mon numéro de téléphone !
Sur ce coup, on a eu vraiment du pot. Un bon tuyau, beaucoup de patience,
du bol qu'ils passent par là. Et surtout, ils se sont arrêtés
en voyant qu'on avait quelque chose pour eux et qu'on ne venait pas juste
les mitrailler ou les faire travailler du poignet pour signer.
Et c'est là que ça conforte le respect et l'admiration que
j'ai pour eux. Quand Angie pointe le doigt vers vous et demande à
Brad d'ouvrir la fenêtre, lequel s'exécute en quatrième
vitesse pour vous permettre de les approcher un peu, c'est un geste qui
fait vraiment plaisir. D'autres ne se seraient pas arrêtés
ou n'en auraient rien eu à faire... Eux nous ont accordé
quelques secondes au risque de se retrouver accroché par une horde
de paparazzi (et elle a déboulé vite fait, la horde...).
Bref le petit geste qui fait tout.
Après cet instant qu'on n'est pas là d'oublier, direction
les marches pour assister à la montée pour Mighty
Heart.
Les troupes étant affamées et exténuées, un
ravitaillement express s'imposait. Or donc, après un crochet pause
pipi, pause boisson, pause repas pour se refaire une santé, on
attend encore plusieurs heures en plein soleil.
L'équipe du film débarque peu à peu, Marianne
Pearl, Dan Futterman, Michael
Winterbottom, et d'autres... Quand Angie et Brad sont arrivés,
ça a été la folie furieuse une fois de plus. Et d'après
ce que j'ai entendu dire ici et là, jamais les marches n'avaient
été aussi animées. Pas évident de les voir
d'ailleurs, tellement il y avait de populo et d'agitation, mais par-ci
par-là, on a réussi à les apercevoir (la tignasse
platine de Mickey est pratique pour les localiser). Entretemps, Brad avait
laissé ses pics de côté pour se faire une coupe "casque
de gomina" pas du meilleur effet à mon avis. Et Angie était
vraiment à tomber par terre !
Et là, pareil, même s'ils n'ont pas signé d'autographes
au niveau des barrières, ils se sont copieusement retournés
pour saluer tout le monde toutes les deux marches. Après coup,
j'ai entendu dire qu'ils avaient été avares de sourires.
Je n'ai pas eu cette impression pour le peu de détails que je voyais
de ma position. Et quand bien même, on peut difficilement reprocher
à des gens qui ont bossé toute la journée, de photocalls
en interviews et de trajets en préparatifs de soirée, d'accuser
une petite baisse de forme en fin de journée...
Au passage, Alain Chabat, arrivé en
compagnie de Bernadette Laffont, a fait une
petite remontée de barrière au pas de course pour serrer
des mains et signer des autographes.
Par comparaison avec les autres montées qu'on a vues, la différence
de monde était énorme. Même Tarantino
mardi soir a attiré moins de gens. La montée du mardi après-midi,
en dépit d'une foule de stars très variées allant
de Gérard Jugnot à Claudia
Schieffer, faisait moins recette également. Autre différence
qui celle-là m'a foncièrement déplu : le comportement
"star". Angie et Brad ont passé leur temps à saluer
tout le monde. Bien sûr les personnalités officielles, bien
sûr il y a eu le temps de pose pour les photos, mais régulièrement,
ils se retournaient pour faire signe à la foule. Le lendemain à
la même heure, Jugnot passait cinq bonnes
minutes à poser pour les photographes officiels, puis il est monté
directement sans se retourner. Pas de risques de finir avec une courbature
à l'épaule ou au poignet... Et beaucoup d'autres ont fait
comme lui, en oubliant que ce public qui prenait les coups de soleil,
c'est aussi celui qui va voir leurs films et leur permet de bouffer...
Décevant... Mais nos tourteraux ont été exemplaires,
comme d'hab'.
Voilà donc l'épopée tel que je l'ai vécue.
C'est un rêve de gosse qui se concrétise. Fan depuis 6 ans,
je n'avais jamais vu Angie, là je l'ai croisée trois fois
en quelques heures, dont une fois quasiment à portée de
main (Angie, dis camion...). C'est aussi le triomphe de la patience, avec
un petit coup de bol en prime. Et je ne suis pas déçu, parce
qu'ils ont été comme je les imaginais : beaux, certes, mais
aussi attentionnés (même si ça s'est passé
très vite) et pleins de saluts et de mimines qui s'agitent.
Pour moi, les moments les plus marquants, ça reste le salut d'Angie,
et aussi Brad en train de défaire le pare-soleil pour ouvrir la
vitre. Ça donnait l'impression pendant une seconde que les rôles
étaient inversés et que c'était nous les stars. Indépendamment
du fait que ça flatte l'ego et les chevilles, ça réchauffe
le coeur de se dire que pour une fois, c'est nous qui leur avons apporté
quelque chose plutôt que l'inverse.
Ils ont la classe à tout point de vue. (Et mon numéro...) |

La vue depuis l'hôtel

Du bleu partout

L'hôtel Majestic

L'hôtel Martinez

Les fameuses marches

La star avant la montée

Les Guignolsde l'Info en live

Arrivée au photocall

Arrivée au photocall

Des conditions idéales pour les photos

Le départ du photocall

La lutte

Certains attendent même dans les arbres

Le jeu des différences : avant

Le jeu des différences : après

Policier, le bon plan pour être aux premières
loges

Des conditions idéales pour les photos
(bis)

Le fameux salut

L'équipe en haut des marches

Direction : le film

Angie's Rainbow en première ligne
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