World War Z

Symbole phallique ? Z comme zob.

Symbole phallique ? Z comme zob.

Etant aussi peu inspiré que le film, je me contenterai d’un simple points positifs/négatifs.

Les moins :

  • World War Z est un film de zombis. Pas que ce soit un mal en soi, mais y en a ras le cul des zombis à toutes les sauces. Films, séries, jeux vidéos, BD, romans et j’en passe… Depuis que 28 jours plus tard a relancé le genre – ou l’a sorti du nanar où il stagnait –, on peut dire que l’invasion a commencé. Un peu comme les super-héros, en fait. Y a un moment où il faut arrêter de surexploiter le filon en nous servant la même soupe jusqu’à la nausée.
  • La scène d’intro, de loin la plus horrible du film. Les gamines qui réveillent leurs parents (cliché), le petit déj’ en famille (cliché) avec pancakes (cliché). Y a du soleil, la vie est belle.
  • La shaky cam pendant la scène de l’embouteillage. Bonjour, mon caméraman est un parkinsonien qui a mangé des pois sauteurs et filme sur un trampoline. Coup de bol dans WWZ, le réalisateur a le bon goût de l’utiliser avec parcimonie. De tous les films que j’ai vus où la technique est employée, un seul le fait avec assez d’efficacité pour créer une réelle immersion : Il faut sauver le soldat Ryan, dans la fameuse scène du débarquement. Le reste (Cloverfield, Rec, Blair Witch…), c’est de la merde.
  • Les facilités de scénario. Exemples :
    Sans déconner, le coup de la fille asthmatique qui a perdu son inhalateur… Moi je serais allé jusqu’au bout : sa sœur aurait pu être diabétique et à court d’insuline.
    Passons sur le coup de fil où la femme de Brad annonce qu’elle a des fusées éclairantes pour signaler leur présence à l’hélico. Je sais bien que le sac à main d’une nana regorge d’artefacts dont on n’a pas idée mais quand même.
    Que dire du passage dans l’avion où on nous montre un clébard deux-trois fois histoire qu’on capte qu’il va servir plus tard. Quand l’hôtesse se baisse pour caresser l’immonde roquet, on ne s’attend pas du tout à ce que pouf un zombie lui bondisse à la gueule.
  • Le recueil de péripéties aussi chiant que le catalogue des vaisseaux. La famille à sauver, la mission de la dernière chance que tu peux pas refuser, la visite de la base abandonnée, l’attaque du château-fort, la catastrophe aérienne, le huis clos dans le labo… Le pot-pourri de Rambo, Alien, Resident Evil, Des serpents dans l’avion, Troie…  Pas qu’on s’ennuie ou que le film manque de rythme, juste qu’on dirait une suite de sketches. On saute d’une scène l’autre, d’un pays l’autre, d’un château l’autre dans une espèce de fresque décousue. Un vague fil rouge et beaucoup de fil blanc dans ce jeu de piste planétaire.
    Finalement le personnage de Brad résume bien le film dès le début : “faut bouger, faut rester en mouvement”. Donc on s’agite, on cavale et comme en politique, on attend toujours le résultat après tout ce brassage d’air. Je ne pensais pas qu’il existait encore des scénaristes et des réalistes pour croire naïvement que le film avance parce qu’un personnage court. Ben si.
  • Les incohérences. Quand on te coupe une main, t’as mal 5 mn, après faut juste serrer les dents. Le lendemain, c’est bon, tu sens plus rien.  Par contre, tu boites.
  • L’immonde deus ex machina “j’ai un pote qui peut m’envoyer un hélico pour qu’on se planque sur un porte-avions”. Sympa, le poto.
  • J’ai eu très peur à l’annonce des Israéliens au courant de l’existence des zombies avant tout le monde “comme par hasard”. Un instant, je me suis demandé si j’allais entendre une énième théorie du complot judéo-maçonnico-bolchevique-portnawak, mais non. Ouf. Après, je ne suis pas sûr qu’il faille voir un message caché dans la scène d’une Jérusalem fortifiée envahie par des hordes de zombis. Surtout après l’insistance à peine flagrante sur l’accueil des “gens de l’extérieur” (comprendre “non-Israéliens”). La précision maladroite qui fait pire que mieux.
  • Les placements produits top discrétion. Le camping-car Chevrolet au début, et l’inénarrable pause Pepsi à la fin.
  • Pour la 5681945e fois au cinéma, un Américain sauve le monde. Personne n’en sera étonné puisque d’après la télé ou le ciné, l’Américain moyen est forcément passé par la case police, armée ou services secrets, sait manier toutes les armes de la hache de pierre à la bombe nucléaire, maîtrise douze arts martiaux et possède un sens tactique qui ferait passer César, Napoléon et Clausewitz pour des rigolos. C’est de la fiction… Un peu comme les mecs qui se vantent de leur organe siffredien alors qu’une coquillette leur pend entre les jambes, faut croire que les Yankees ont besoin de compenser pour se montrer si héroïques et efficaces à l’écran. Un point réaliste tout de même à signaler : dès qu’il sort de ses élans de génie fictifs, le personnage de Brad redevient profondément débile. Balancer une grenade dans un avion se passe de commentaire superflu.
  • Zéro tension. Quelles que soient les circonstances, même un crash d’avion, on sait que Brad va s’en sortir comme une fleur. (Avion qui s’écrase à 200 m du labo où Brad doit aller, soit dit en passant. C’est ce qui s’appeller “bien tomber”.)
  • Vouloir faire un film de zombie sur un mode différent de ce qu’on a déjà vu et revu, ok. Excellente idée même, vu comment le genre tourne en rond. Mais là, putain… Je suis pas sûr d’avoir vu une goutte de sang. Ah si, quand Brad se prend un bout de carlingue de 20 cm dans le bide, y a une petite tache sur sa chemise. J’en tremble encore… Et les mecs, pendant tout le film, essaient de te vendre l’horreur du truc. Mais y a rien qui suscite un semblant d’horreur, ou de peur, ou d’épouvante, ou de n’importe quoi qui le rattacherait au genre. Suffit pas de coller des zombies en train de sprinter ou de faire la lutte gréco-romaine. Sans donner dans le gore caca beurk ou la débauche de sang par hectolitres, on tombe dans l’extrême inverse : plus familial, tu meurs (mais tu reviendras d’entre les morts). World War Z est l’enfant contre-nature de Romero et Disney.
  • Quand on voit la liste des bras cassés qui se sont succédés au scénario, tout s’explique. J. Michael Straczynski (Thor, Ninja Assassin), Matthew Michael Carnahan (Le Royaume, Lions et Agneaux), Damon Lindelof (Cowboys & Aliens, Prometheus) et enfin Drew Goddard (Cloverfield). Que du lourd.
    (Note : vérification faite sur Imdb, en mettant bout à bout la liste de tous leurs travaux, à part un ou deux films, y a que des merdes.)
  • Brad Pitt n’apporte rien de particulier. Un parfait inconnu pas trop mauvais acteur aurait aussi bien fait l’affaire. Son personnage plus lisse que les fesses de bébé Cadum suscite zéro empathie, autant de sympathie ou d’antipathie. Le reste du casting se montre aussi transparent que leurs personnages. Le film tourne avec UN protagoniste et une cohorte de silhouettes.
  • A l’image des personnages squelettiques, le film ne s’arrête sur aucun enjeu de fond. A part la course-poursuite de Brad, vide sidéral. Le genre de repos intellectuel qu’on atteint d’ordinaire avec les “meilleurs” Seagal.

Les plus :

  • Je n’ai pas lu le livre. Je ne pourrai donc pas dire tout ce qui cloche en terme d’adaptation.
  • J’ai beaucoup ri pendant le passage en Corée. Entre la mort débile du virologue et les Coréens arracheurs de dents, j’ai failli me pisser dessus.
  • Les scientifiques et leurs répliques qui tuent : “on ne peut pas rendre un mort malade”, “infecter la population avec une maladie létale, c’est loin d’être un remède”. A défaut d’un doctorat en médecine, ils ont décroché haut la main leur diplôme de brèves de comptoir.
Un autre symbole phallique éjacule des zombis sur un hélicoptère. Dans sa face !

Un autre symbole phallique éjacule des zombis sur un hélicoptère. Dans sa face !

Tiens, ça me donne une idée…

Qu'est-ce que je me ferais chier sans Photoshop...

Qu’est-ce que je me ferais chier sans Photoshop…

Bilan :

World War Z n’est pas une bouse, il est très très moyen en tout. Comme divertissement repose-neurones pour l’été, en se montrant généreux, ça passe à peu près.
Je l’ai vu classé abusivement dans tous les genres possibles ou presque. De l’horreur, il n’y en a pas. Du post-apocalyptique encore moins, vu qu’aux dernières nouvelles “post” signifie “après” depuis 3000 ans. Le film se déroule pendant. Fantastique, ç’eût été valable avec les zombies “à l’ancienne” qui étaient des vrais morts-vivants. Le zombie nouvelle génération, plus non-naturel que surnaturel, s’en éloigne considérablement. Quant à la science-fiction, on a vu le même film ?… Ces classifications s’expliquent parce que WWZ pioche un peu de tout dans tout. Mais ce bric-à-brac ne sert jamais qu’à habiller une quête émaillée de péripéties à travers le monde : j’ai vu un film d’aventure et rien d’autre. Dans quelque autre genre que ce soit, WWZ ne remplit aucune attente et c’est bien là son gros défaut. Encore un produit vendu pour ce qu’il n’est pas.

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