Vacances mortelles

Vu le nombre d’avions à s’être plantés pendant l’été, Yumi et moi nous considérons comme d’heureux veinards. 4 vols en un mois et toujours en un seul morceau. Miraculeux… Et vous avouerez, jouer à la roulette russe avec des avions est tout de suite plus impressionnant qu’avec une pétoire classique.

Quand même, l’an prochain on lèvera peut-être le pied sur les déplacements, je suis à deux doigts de mourir d’épuisement. Chaque été je me dis que les vacances ne pourront pas être plus crevantes que l’année précédente… chaque été je me plante royalement et on repousse toujours les limites. Remarquez, on n’attend pas d’un prof qu’il meurt au boulot, alors que personne ne s’étonnerait qu’il succombe à ses vacances… Enfin bon, nous v’là rentrés à l’barraque. Reste 10 jours pour se retaper avant de reprendre le taf.

Que retenir de la cuvée 2014 ?

  • Il faut avoir la santé pour enquiller Kyōto-Ōsaka-Naha-Ōsaka-Kyōto-Tōkyō-Paris-Lille-Bruxelles-Lille-Dunkerque-Abbeville-Paris-Tōkyō-Kyōto, soit près de 25000 km en 4 semaines.
  • Il faut avoir la santé pour supporter non pas une mais trois femmes au quotidien ! Yumi tout le long + Kaeko (ma belle-sœur) et Miyu (sa fille) pour la partie française. Notez qu’elles en ont autant à mon sujet… Le surnom de “pitre” risque de me poursuivre longtemps…
  • J’ai pris 18 photos en tout et pour tout lors de ce périple. Yumi plus de 1400. Ma belle-sœur dépasse les 2000. Le mitraillage nippon n’a rien d’une légende, sans doute un gène transmis par les pilotes de Zéro. Je suis sûr que si je démonte leurs appareils, je trouverai un système de lentilles rotatives sur le modèle de la cracheuse dans Predator.
  • Faut que je pense à engager un dialoguiste pour l’année prochaine. A la question “you speak english ?” ça m’évitera de répondre “ouaip un peu” ou “contraint et forcé uniquement”, en français juste pour faire chier le monde. Et je vous épargne la suite où, ne déployant pas une once d’effort, ma diction à la ouanegaine relève moins de la phonétique que de la caricature. Un jour, faudra qu’on m’explique pourquoi c’est toujours vers moi que les touristes paumés se tournent ?… J’y ai bien eu droit 4-5 fois. C’est peut-être d’avoir trois Japonaises aux basques qui me donnait l’air d’un guide touristique, je sais pas… Autant avoir passé 3 semaines à jouer l’interprète H24 pour Kaeko et Miyu ne m’a pas dérangé, autant la moindre phrase en anglais me donne de l’urticaire pire que se rouler tout nu dans un buisson d’orties.
  • En langue toujours, je me suis rendu compte que mon père et moi avions tendance à revenir à nos racines linguistiques pendant les travaux de forçat. L’an dernier, j’ai charrié une tonne de gravier ; cette année, fallait jouer les Charles Ingalls et couper une tonne de bûches, vive les vacances… Bilan : Miyu a au moins autant étoffé son lexique de français que de picard. Et quand une tchiote Japonaise de 9 ans vous sort “saque d’dins” au repas du soir, ça n’a pas de prix.
  • La virée aura été l’occasion de voir et revoir les potes de l’Hexagone. Herr Ludwig et ses blondes dunkerquoises, Anne et ses irish coffees, Cassandra et Marjorie accompagnées de leurs Martinis, François et les Kriek bruxelloises, Cédric et Amélie pour un café rallongé à la traditionnelle pluie lilloise, Seb et son eau-de-vie maison digne des Tontons Flingueurs… Une vraie ligue œuvrant pour ma future cirrhose…
    L’occasion aussi de croiser quelques nouvelles têtes fort sympathiques (Isa, tu viens quand tu veux renouveler cette expérience nocturne ; Camille, ton hospitalité mériterait un proverbe dans les pages roses du Larousse).
    L’occasion, enfin, de traîner avec du beau monde. A quelques jours d’intervalle, on est tombé sur l’actrice Yui Hatano dans le Shinkansen Kyōto-Tōkyō et j’ai pris l’apéro avec le Fossoyeur de Films. Excusez du peu. J’ai d’ailleurs pu tester la recette de “sushi au poulet” (sic) de ce dernier et ma foi, ça se laisse carrément manger.
Petit souvenir de miss Hatano.

Petit souvenir de miss Hatano.

Bien, les vacances, bien. Crevantes mais excellentes. Maintenant dodo.

Ce contenu a été publié dans The Tourist. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.