Un train de vie de pacha ?

Un ami dont je tairai le nom m’a demandé si j’allais bosser en pousse-pousse…

Que dire ?… La question est aussi marrante qu’affligeante.
Passons sur le fait que la force exercée soit une traction et que pousse-pousse n’a aucun sens puisqu’il s’agit en pratique d’un tire-tire.

  • En l’an de grâce 2012, je vis au Japon où j’exerce comme prof. Je ne suis pas un colon à la tête d’une plantation dans l’Indochine des années 20. En plus, j’habite à 200 m de mon lieu de travail. M’y rendre autrement qu’à pied serait le comble d’une flemme indécente.
  • Le pousse-pousse, ça fait à peine cliché. Certes, c’est une invention japonaise qui remonte à la nuit des temps, ce qui ne signifie pas des origines antédiluviennes mais obscures. Le “véhicule à force humaine” (sens littéral de 人力車, jinrikisha) est passé de mode depuis le début du XXe s avec l’apparition des transports en commun (tramway puis bus et métro) et des transports individuels (vélo puis auto et moto). Aujourd’hui, l’usage est surtout touristique ou pittoresque, en tout cas au Japon : j’ai bel et bien fait le tour du Gion avec Yumi en pousse-pousse, et dans ce même Gion, on peut croiser des geiko qui utilisent ce moyen de locomotion.

Geiko en pousse-pousse dans le Gion. Si la photo avait été prise en 1912 au lieu de 2012, on pourrait jouer au jeu des zéro différences.

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