Space Pirate Captain Harlock

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Qui eût cru qu’il me serait difficile de parler d’Albator ?…
C’est malheureusement le cas.

harlock-05Space Pirate Captain Harlock vient de sortir au Japon… et je ne sais pas quoi dire dessus. C’est con ça…
Après la rétrospective ici et , j’ai déjà grillé mes cartouches tant sur l’auteur que le personnage. Ça, c’est fait.
A la fin du deuxième volume de mon topo, vous trouverez les liens vers les vidéos du film (bandes-annonces et extrait). Donc réglé.

harlock-01Les infos techniques en vrac :
– il s’agit d’un film d’animation en 3D
– sortie officielle le 7 septembre 2013 au Japon parallèlement à une présentation à la Mostra de Venise
– budget : 30 millions $
– réalisé par Aramaki Shinji, d’après le manga de Matsumoto Reiji qui était également conseiller sur le “tournage” et a plus ou moins écrit le scénario avec deux autres gus
– durée : 115 mn

harlock-03A part ça, que dire ?… Sans tomber dans le spoil, pas grand-chose. Surtout quand on connaît mon amour pour Albator qui rend de toute façon la critique quasi-impossible. Pas assez d’objectivité, la nostalgie liée à l’enfance, blablabla. Remarquez, si le film avait été une merde et si je m’étais senti trahi, je l’aurais beuglé au monde entier avec fracas.
Comme je disais dans un autre article, je l’attendais depuis un bail, à savoir la première annonce en 2010 au Tokyo International Anime Fair, confirmée l’année suivante par le Maître en personne au Festival international du film d’animation d’Annecy. Trois ans à patienter et donc beaucoup d’attente(s) vis-à-vis du pirate de l’espace.
J’ai adoré, tout simplement.
Au point d’aller le voir trois fois. Première fois, premier jour, première séance, égoïstement en solo, parce que j’aurais été incapable de partager ces retrouvailles avec mon héros d’enfance. Puis une fois avec ma femme lors d’une sortie des plus discrètes puisque Yumiko portait son costume de Yūki Kei. Ce qui lui a valu de m’entendre l’appeler Yumi Kei toute la journée. Je crois bien qu’avant d’atteindre le guichet, elle a passé un quart d’heure de séance photo en compagnie de moult inconnus dont je surveillais les paluches potentiellement aventureuses. Remarquez, elle n’était pas la seule cosplayeuse dans l’assistance. Enfin, troisième édition juste avant de m’attaquer à la rétrospective puis à cette chronique histoire de me remettre dedans (prétexte moisi juste pour y retrourner, je sais).

Au royaume des aveugles...
Au royaume des aveugles…

Dans mon euphorie, j’ai peut-être annoncé un peu vite un carton au box-office. Certes, le week-end de sa sortie, Harlock s’est hissé directement en 2e place, mais pas à hauteur des recettes attendues. Et surtout, dès sa 2e semaine, il chute au classement entre la 7e et la 9e place selon les sources. Enfin à voir ce que donnera le classement de ce week-end ainsi que l’exploitation à l’international qui pourrait compenser. Notamment en France où Matsumoto sait disposer d’une fanbase solide qui se ruera dans les salles obscures. Bref, tel que la situation se dessine, le bon démarrage semble parti pour tourner à l’échec commercial, mais j’espère me tromper.

harlock-04L’histoire constitue peut-être le point faible du film. Pas qu’elle soit mauvaise, juste qu’elle est déjà connue. Space Pirate Captain Harlock se veut moins une nouvelle histoire d’Albator qu’un reboot. Apprendre pourquoi et comment Harlock est devenu le fameux pirate que l’on connaît, ben on connaît, justement.
Donc l’histoire. L’humanité a quitté la Terre pour essaimer à travers la galaxie. La colonisation foire et le retour au bercail s’assortit d’une guerre pour récupérer la planète-mère. La Coalition rafle la mise et interdit à quiconque de remettre un pied sur Terre qui devient, faute d’humains, une planète sauvage et merveilleusement préservée. De son côté, Harlock est en lutte contre la Coalition et milite en faveur du retour à la maison.
Donc du déjà-vu. Le développement de l’intrigue ne brille pas par sa clarté, rappelant douloureusement la confusion de L’Anneau des Nibelungen. Attention, c’est pas une histoire pourrie avec une narration moisie, juste que le film pèche un peu de ce côté. Les fans et connaisseurs s’y retrouveront quand même. Les autres, honnêtement, aucune idée.

harlock-10Ce point mis à part, Space Pirate Captain Harlock frôle la perfection. On retrouve notre bon vieux héros encore plus mystérieux que jamais dans une version plus sombre que celle à laquelle on est habitué.
Le film dispose d’un réel souffle épique, les séquences alternent ou allient puissance et poésie, comme souvent dans le cinéma nippon. Qu’un film m’absorbe relève de l’exceptionnel et là, j’étais dedans comme rarement. Limite si je n’ai pas arraché mes accoudoirs pendant les batailles spatiales tellement j’étais crispé… sans raison puisqu’on se doute bien qu’Albator ne va pas mourir, mais voilà, quoi, tendu comme un string taille S enfilé à un hippopotame.

harlock-09Autant je trouve les gens de Disney, Pixar, Dreamworks et Machin et Bidule excellents, compétents et auteurs d’animations qui me laissent chaque fois sur le cul, autant là ils peuvent pointer direct au chômage. Le graphisme et l’animation sont überexcellentissimes. L’avis n’engage que moi, mais il s’agit de loin du meilleur film d’animation que j’ai vu dans ma carrière de cinéphage.  Cf. extrait pour vous donner une idée de la qualité et Internet abonde en courtes vidéos que je vous laisse le soin d’aller pêcher (pour les flemmards, j’en ai posté ).
Je ne reviendrai pas sur Yūki Kei et ses loches ayant déjà abondamment disserté sur le sujet dans ma rétrospective. Fantasmer sur une héroïne de pixels ne vole pas haut, mais a le mérite de ne pas mettre en péril la paix du ménage. Sachez juste que du 95C de cette qualité graphique et en 3D met du baume au cœur et ailleurs…

harlock-12harlock-13harlock-14Bilan :
Rien de nouveau sous le soleil quand on connaît l’œuvre de Matsumoto et son célébrissime personnage. Revers de la médaille quand on est un fan de la première heure, on connaît déjà tout et ça, le film n’y peut rien, encore que… Pour être honnête, Matsumoto et les scénaristes auraient pu se fendre de quelque chose de plus innovant qui apporte autant de neuf à l’ancien public qu’au nouveau. Les vieux pots ne font pas forcément les meilleures soupes.
Pour le reste, le film vaut très largement le prix de la place. Déjà, y a Albator. En soi, ça suffirait. Voir Albator sur grand écran, pour moi, c’était un vieux rêve de gosse. Maintenant que je l’ai réalisé, je vais peut-être pouvoir commencer à envisager d’entrer dans l’âge adulte. A côté, niveau graphisme, animation, rythme, musique, rien à jeter au contraire. Superbe, excellent, formidable, captivant, monumental, et je vous laisse compléter avec votre dico de synonymes préféré.

Dommage que le film marche moins bien que prévu au Japon, surtout que le coût promotionnel annexe au coût de production atteint une somme conséquente.
Quand il sortira en France, je compte sur vous pour aider à le rentabiliser. Le propos vaut également si vous êtes Belge, Suisse, Canadien, Monégasque, etc., bref francophone et capable de lire mon exhortation à ALLER VOIR HARLOCK.
Si vous connaissez Albator, retrouvailles nostalgiques en perspective. Dans le contraire, l’occasion de découvrir un personnage-phare, un auteur talentueux, un univers riche. Dans tous les cas, un grand et beau spectacle !

Mangez Harlock !
Mangez Harlock !
Buvez Harlock !
Buvez Harlock !
Chiez Harlock !
Chiez Harlock !

Un dernier mot pour les collectionneurs… Vous n’imaginez pas le merchandising que je peux croiser ici autour du film. Les classiques affiches, statuettes, mugs, maquettes, t-shirts… mais aussi iPhone (imprimée sur la coque, la première affiche de cet article), Zippo, ceintures et une foultitude de trucs ornés d’une tête de mort… dont la housse pour couvercle de chiottes, fallait y penser. Un article aussi délirant, je ne pouvais décemment pas passer à côté.
J’en ai acheté un exemplaire.
La chair est faible, comme on dit…