Space Battleship Yamato

Titre français : Space Battleship – L’ultime espoir
Titre original : Space Battleship ヤマト (Supēsu Batorushippu Yamato)
Réalisation : Yamazaki Takashi
Scénario : Sato Shimako, Matsumoto Leiji et Nishizaki Yoshinobu (adapté de 宇宙戦艦ヤマト, Uchū Senkan Yamato)
Genre : science-fiction
Durée : 138 mn
Année : 2010
Pays d’origine : Japon
Casting : Kimura Takuya, Kuroki Meisa, Yanagiba Toshirō, Ogata Naoto, Takashima Reiko, Nishida Toshiyuki, Ikeuchi Hiroyuki, Skorick Maiko, Yashiba Toshihiro, Namioka Kazuki, Saito Takumi, Miura Takahiro, Yamazaki Tsutomu, Ōwada Kensuke

Synopsis :
2199. La galaxie a sombré dans la plus impitoyable des guerres. Les radiations ont rendu la terre inhabitable et il n’y aura bientôt plus de refuge possible pour l’espèce humaine. Un seul vaisseau peut retrouver la machine de décontamination qui sauverait la Terre d’une extinction inévitable : le Yamato.

Avis :
Petit rappel historique : avant de devenir un vaisseau spatial, le Yamato (大和) fut un vaisseau naval. Un bateau, quoi. Pas n’importe quel bateau, puisqu’il s’agit du plus grand cuirassé jamais construit dans l’histoire de la marine de guerre. Il reste un symbole historique fort au Japon (cf. entre autres le succès de 男たちの大和 – Les Hommes du Yamato de Sato Junya en 2005).

Matsumoto Leiji le ressuscite à l’écran en 1974. En France, on connaît surtout de lui Albator, beaucoup moins Yamato qui, sauf erreur, n’a jamais été diffusé dans l’Hexagone. Et pourtant, au Japon, c’est une série énorme (3 séries TV, 6 films dont un live, 1 téléfilm, plusieurs OAV, mangas et jeux video), archiconnue et même fondatrice.
En effet, au tournant des années 70-80, le dessin animé ne s’adresse plus qu’aux enfants, mais s’étend à un public ado/adulte : c’est “l’anime boom”, dont Yamato sera une des chevilles ouvrières.

En 2010 sort une adaptation live de l’anime, le 1er décembre précisément. Le film se classe numéro 1 au Japon dès sa sortie et se permet de détrôner Harry Potter.

Mouaip…
Techniquement, c’est beau, c’est bien foutu, ça en jette à mort. Les combats spatiaux, passage obligé de tout bon space opera, valent le spectacle ! Le design des vaisseaux rappelle les grandes heures de la marine impériale, on n’est pas volé sur la quincaillerie.
Le reste est nettement moins convaincant.
Le film est long tant sur le papier – plus de deux heures – que devant l’écran. Le rythme s’étiole entre deux scènes d’action/révélations à coups d’intermèdes verbeux pleins de guimauve et de cabotinage. Car s’il faut bien reconnaître un défaut récurrent dans le cinéma nippon, c’est bien la manie de verser dans le sentimentalisme à deux balles, dégoulinant de mièvrerie, larmes et violon. Un comble pour un pays où montrer ses sentiments est considéré comme une manifestation du Mal absolu.
Concrètement, on se fait chier la moitié du film, on passe en accéléré les interminables monologues éplorés, on saute d’un combat l’autre pour réduire le métrage à la durée d’un épisode de Star Trek.

Le casting regroupe quelques têtes célèbres au Japon (l’acteur et chanteur Kimura Takuya, l’actrice et chanteuse Kuroki Meisa, l’acteur pas chanteur Yamazaki Tsutomu). Vu la quantité de personnages secondaires, les prestations scéniques vont de très moyenne à plutôt bonne. Enfin, ça cabotine sec quand même. La faute à cette autre manie japonaise de coller des idoles dans des films, parce que leur tête et leur nom font vendre. S’il n’est pas trop difficile de bricoler un chanteur pour peu qu’il sache s’agiter correctement sur une chorégraphie – les dieux Playback, Maquillage et Attachée de Presse pourvoieront au reste –, s’improviser acteur est une autre paire de manches. Une belle brochettes d’amateurs…
Pas de souvenir impérissable à part Yamazaki Tsutomu, briscard du grand écran, qui incarne ici un vieux loup de mer galactique.

Alors surtout, surtout, le film est à voir en VO. Pas tant pour le côté snob cher à l’auteur de cet article que pour avoir jeté une oreille à la VF : elle est pourrave, abominable, atroce et je suis gentil. On tombe dans le carrément ridicule quand, pour rendre l’accent provincial d’un personnage, la magie du doublage l’affuble d’un accent marseillais. Dur à imaginer, n’est-ce pas ?… Ils ont osé.

A l’arrivée, un film en demi-teinte et c’est bien dommage. Visuellement, on en a pour son argent… mais l’interprétation moyenne et les logorrhées interminables le torpilllent en grande partie.

Albator a pris un coup de vieux.

(Version remasterisée sur Un K à Part.)

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