Napoléon

De manga en ces lieux rarement question il sera. (Maître Yoda)

J’avoue connaître assez peu le domaine et n’éprouver qu’un intérêt limité pour le sujet.
Pas fan du style manga classique ni du noir et blanc ni du format rikiki… en France, l’approvisionnement a longtemps été pauvre et erratique… les séries en 12000 volumes pèsent sur un budget…
Affaire de goût essentiellement. Ma préférence va aux animes qui en sont issus, notamment ceux de mon enfance. Je suis de la génération Albator (et Goldorak).

Je suis tombé par hasard sur un manga qui m’a fait tilter. Il y est question de la France, d’Histoire et de ma grande idole : Napoléon. Tout ce que j’aime. J’ai donc jeté un œil par curiosité, ne serait-ce que pour connaître la perception (ou du moins une certaine perception) de l’épopée napoléonienne au Japon. Et puis, je me suis dit qu’une planche pourrait toujours me servir d’outil pédagogique à servir en pâture à mes élèves pour un de mes cours d’histoire sur le sujet.

Hasegawa Tetsuya (長谷川 哲也) démarre en 2003 une série intitulée ナポレオン -獅子の時代- (Napoleon – Shishi no Jidai). En 8 ans paraissent 15 volumes. L’histoire s’ouvre sur la bataille d’Austerlitz avant de revenir sur la jeunesse de Napoléon jusqu’à son accession au pouvoir par le coup d’Etat du 18 brumaire. En 2011, une seconde série voit le jour intitulée ナポレオン -覇道進撃- (Napoleon – Hadō Shingeki) qui compte 2 tomes pour le moment. Elle couvrira le Consulat et l’Empire.
(Note : Je parle ici de parutions au Japon. L’éditeur français n’aurait semble-t-il publié que les 6 premiers tomes.)

Je ne donnerai qu’un bref avis, ne disposant pas (encore) de l’ensemble des volumes et n’ayant pas encore terminé de lire ceux dont je dispose.
Dans l’ensemble, la série est assez bien documentée au plan historique. L’auteur ne se livrant pas un travail de thèse universitaire, il prend bien sûr quelques libertés avec l’Histoire, ajoute une dose de romance, tout ce que lui autorise la licence poétique. On trouve évidemment le lot habituel d’erreurs et anachronismes comme dans toute œuvre plus ou moins historique.
Le tout avec une vision aussi héroïque que cool.

Les lunettes de soleil, très à la mode sous la Révolution.

Oui, cool comme Napo, Robespierre ou encore Saint-Just en lunettes de soleil. Et héroïque comme un Bonaparte qui n’a rien à envier à Ken le Survivant en terme de stature. La vision de l’artiste est volontairement partisane, octroyant à Bonaparte l’envergure d’un demi-dieu, comme une espèce d’Héraklès à l’école du Bushidō.
L’œuvre participe donc de la légende napoléonienne plus que de l’Histoire proprement dite.

Napo le Survivant

Bref, cette Histoire de France en bande dessinée m’a paru bien sympathique et ça change de voir le tapis de l’Histoire se dérouler en kanji et kanas (certaines transcriptions de patronymes romaji->katakana étant assez marrantes à l’oral).

L’épopée napoléonienne renaît ici.
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