Les Têtes Brûlées

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Série américaine en 2 saisons (36 épisodes au total) créée par Stephen J. Cannel et diffusée entre 1976 et 1978. Titre original : Baa Baa Black Sheep puis Black Sheep Squadron.

“Pendant la Deuxième Guerre mondiale, le commandant des marines Greg Pappy Boyington était à la tête d’une escadrille de pilotes de chasse. Celle-ci était composée de marginaux et d’aventuriers qui devinrent les terreurs du Pacifique Sud. On les appelait Les Têtes Brûlées.”

Casting :

  • Robert Conrad : Major Gregory “Papy” Boyington
  • Dana Elcar : Colonel Thomas Lard
  • James Whitmore Jr : Capitaine James W. Gutterman
  • Dirk Blocker : Lieutenant Jerry Bragg
  • Robert Ginty : Lieutenant Théodore Joseph “T.J.” Wiley
  • John Larroquette : Lieutenant Robert “Bob” Anderson
  • W. K. Stratton : Lieutenant (puis capitaine) Lawrence “Larry” Casey
  • Jeff MacKay : Lieutenant Donald “Don” French
  • Larry Manetti : Lieutenant Robert “Bob” Boyle
  • Joey Aresco : Caporal John David Hutchinson “Hutch”
  • Red West : Sergent Andrew “Andy” Micklin
  • Simon Oakland : Général Thomas Moore
  • Katherine Cannon : Capitaine Dottie Dixon

tetes-brulees-2Cette série s’inspire librement des exploits de Gregory Boyington, as de la Seconde Guerre mondiale, et de son escadrille de fortes têtes, la VMF 214, aussi connue sous le nom de The Black Sheep Squadron (les “moutons noirs” ou brebis galeuses).
Historiquement, l’escadrille était basée sur l’île de Vella Lavella dans l’archipel des îles Salomon du Pacifique sud, et l’état-major sur l’île d’Espiritu Santo, noms qui furent modifiés dans la série en Vella la Cava et Espritos Marcos.

tetes-brulees-3Dans la réalité comme dans la série, Gregory Boyington était indiscipliné, buveur et amateur de femmes, tout comme son escadrille. Son surnom de “papy” lui vient de son âge : il a 31 ans lorsqu’il est nommé à la tête de l’escadrille en 1943, soit 10 de plus que la moyenne des pilotes. Son escadrille revendique 97 victoires aériennes dont 22 au crédit de Boyington (qui en totalise 28 sur l’ensemble de sa carrière).
Le titre original de la série, Baa, Baa Black Sheep, est celui du livre de Gregory Boyington. Il fait référence à une comptine.
Le vrai Gregory Boyington, conseiller sur l’ensemble de la série, fait une apparition dans chaque saison.

tetes-brulees-4Une partie des combats aériens est tirée du film de 1969 la Bataille d’Angleterre. On peut distinguer les croix d’avions allemands dans le lointain. D’autres extraits proviennent d’archives d’époque et servent sur plusieurs épisodes. La palme revient au plan au gros plan sur l’aile de Corsair ouvrant le feu qui est toujours la même.
Chaque épisode est précédé d’un laïus historique style flash info tel qu’il s’en diffusait dans les cinémas avant les films. Plutôt juste sur un plan historique quoique franchement orienté Amerika über alles. Cela dit, le ton de l’exposé cadre avec les infos de l’époque largement “propagandisées” pour le public.

tetes-brulees-5Outre les pilotes, la série comporte deux stars peu communes : le Chance Vought F4U Corsair et le Mitsubishi A6M Zero sen. Faute de vrais Zéros disponibles, les appareils “japonais” qu’on voit sont en fait des North American T-6 maquillés. Inutile de chercher le réalisme, une foule de détails techniques ne cadrent pas avec la réalité de l’époque.
Quoique fan du Corsair dans ma jeunesse, j’ai depuis retourné ma veste au profit de l’Empire. Aux amateurs de Zéros, je conseille le dernier Miyazaki, Le Vent se lève, biographie romancée de son concepteur Horikoshi Jirō.

Corsair

Corsair

A6M-Zero

Zero

Série typique de son époque… et donc culte aujourd’hui. L’arrière-plan historique n’est qu’un vague prétexte pour montrer des duels d’avions et déballer un décor exotique de type Club Med militaire. Avec leur dégaine de Beach Boys, les Têtes Brûlées ressemblent davantage à une bande de mercenaires qu’à une unité régulière… Quant à leur comportement, on dirait le manuel du futur condamné par la cour martiale. Pour eux, tout est prétexte à arnaque, drague, beuveries et baston. Pas étonnant qu’à l’époque la série ait eu un tel succès en France, patrie des Pieds Nickelés.
On ne peut pas s’empêcher de rigoler à leurs feintes à deux balles, l’humour décalé étant la marque de la série. Une série bien de son époque, pleine du fun des années 70… et à mille années-lumière de la réalité historique. La dureté des combats sur le théâtre Pacifique ne transparaît quasiment jamais. Ok, l’infanterie a morflé plus que les autres corps, mais les pilotes des deux camps y ont laissé pas mal de plumes aussi. Mais bon, la série n’a pas vocation d’œuvre historique ou réaliste.
Malgré le caractère redondant d’un épisode à l’autre (comme nombre de séries de cette période), on se plaît à la revoir avec amusement et nostalgie. J’ai un faible pour la VF, puisque c’est dans la langue de Molière que j’ai découvert la série tout gamin.

(Version remasterisée de ma chronique de mai 2009 sur Le Boulevard des Stars.)

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