Le Retour du Jidai

Le Jidai Matsuri (時代祭) fait partie des grands festivals de Kyoto avec l’Aoi Matsuri et le Gion Matsuri.

Tomoe Gozen

Comme j’étais trop occupé pour raconter Aoi et Gion, dont les articles sont encore à l’état de brouillons inachevés, il faudra attendre l’année prochaine, histoire d’en parler dans leur cadre respectif en mai et juillet. Pour le Jidai Matsuri, en revanche, j’ai moins traîné dans la rédaction.

Le Jidai Matsuri ne met pas en scène des chevaliers d’un autre temps armés de sabres laser. A cela deux raisons : 1) il s’agit de plusieurs époques et pas une seule ; 2) personne n’a de sabre laser, j’ai vérifié. En revanche, il y a pléthore de guerriers.

Pour le “quand”, le festival tire ses origines de la Restauration Meiji.
En 1868, l’empereur Mutsuhito (nom de règne de Meiji) déménage la capitale de Kyōto vers Tōkyō. Les autorités locales, craignant que l’ex-capitale ne devienne une ville de second ordre, décident d’organiser une manifestation à sa gloire. Le festival est créé en 1895 pour la commémoration du 1100e anniversaire de la fondation de Heiankyō (平安京), nom originel de Kyōto, en 794. Le premier Jidai Matsuri a pour vocation d’inaugurer le Heian Jingū, un sanctuaire dédié à la mémoire de l’empereur Kanmu, fondateur de la ville.
Il s’est tenu le 25 octobre 1895 mais depuis c’est la date du 22 octobre qui prévaut sauf cas exceptionnel (pluie notamment).

Pour le “où”, on aura donc compris que les festivités se déroulent à Kyōto, plus précisément entre l’ancien Palais Impérial du Kyōto-gosho (京都御所) et le sanctuaire du Heian Jingū (平安神宮) – ce qui est un pléonasme, jingū signifiant sanctuaire.

Pour le “quoi” et le “comment”, il s’agit d’une longue procession entre les deux points précédemment cités. En chiffres, le défilé parcourt un peu plus de 4 km, s’étend sur 2 km et rassemble 2000 personnes en costume d’époque représentant autant de quidams ou de personnages historiques majeurs répartis en une vingtaine de tableaux (liste ici). Il faut compter une bonne heure et demie entre le moment où on voit apparaître la tête du défilé et celui où on voit la queue disparaître. (Cf. plan et indications touristiques ici ; si vous ne parlez pas la langue de Shakespeare, ce n’est pas grave, la page est en anglais moderne).
C’est donc un véritable voyage dans le temps, remontant les âges à rebours (comme les perles : les perles à rebours) de l’ère Meiji jusqu’à la fondation de la ville.

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