Japon au quotidien, le retour

Il y a de cela quelques mois, j’avais pondu un ch’tit laïus sur les quelques aspects pratiques de la vie quotidienne au Japon.

Je reprends donc mon tour d’horizon sur le même modèle. En vert, les trucs trop de la balle. En rouge, les trucs pas glop. Je vous invite à garder l’article précédent dans un coin, j’y ferai pas mal de renvois.

J’avais parlé de l’orientation qui relevait du calvaire, à mille années-lumière des rues françaises avec leur plaque nominative à chaque bout.
La signalétique existe mais pas partout, elle est sous-titrée en romaji mais pas partout. Et quand c’est le cas, vaut mieux avoir deux-trois notions d’anglais. Si vous croyez que station désigne une pompe à essence, que nenni, on parle d’une gare (駅). Et si vous devez descendre dans une gare de cambrousse, apprenez bien le nom du patelin en kanji, car les bleds paumés ignorent le sous-titrage.

Entrée sud de la gare de Shinjuku.

Entrée sud de la gare de Shinjuku.

Ici, contrairement au Port-Salut, c’est pas forcément marqué dessus. Méfiez-vous des “bonnes adresses” qu’on vous refile. Bonnes, elles le sont peut-être, encore faut-il mettre la main dessus et le pied dedans. En France, un resto se voit : devanture, enseigne, carte affichée à l’extérieur, c’est pas les indices qui manquent. Au Japon, la place étant comptée, on installe son resto où on peut, au fin fond d’une ruelle, à l’étage, dans une cave, derrière une vitrine qui n’affiche rien en rapport avec la bouffe… On serait bien en peine de le deviner de l’extérieur. Quand on crève de faim, bonjour le cauchemar. Sinon, la chose a aussi son charme quand on aime l’exploration.

Le fait reste surprenant quand on sait que les Japonais sont des grands malades de signalétique. Panneaux, pictogrammes, affiches, indications s’étalent dans tous les sens… en VO pour l’essentiel. Idem les enseignes de magasins.

Shinjuku. On peut bouquiner dehors en pleine nuit sans ramener sa propre lampe.

Shinjuku. On peut bouquiner dehors en pleine nuit sans ramener sa propre lampe.

D’où une esthétique particulière. Dont je ne suis pas fan.
Et question esthétique urbaine, on citera les kilomètres de câbles électriques qui donnent l’impression que des araignes géantes ont tissé leur toile à travers les villes.
A Kyōto, le Gion a eu droit à de copieux efforts de rénovation, moitié pour restaurer certains bâtiments inscrits au patrimoine historique, moitié pour enterrer le réseau arachnéen qui enlaidissait le quartier.

Spiderzilla à l'oeuvre.

Spiderzilla à l’oeuvre.

Et si on met bout à bout, profusion délirante d’enseignes et de câbles…

cables enseignes

Tiens, j’y pense, pour revenir sur les gares dont je parlais au début.
Ami lecteur, si tu n’as pas encore jeté un zœil sur ma prose ferroviaire, je te conseille vivement d’y remédier. Et si tu l’as déjà lue, tu peux recommencer, je viens d’effectuer une copieuse mise à jour de l’article.
Le train reste ma meilleure expérience de “vie pratique” au Japon. Sitôt que j’arrive sur le quai, j’atteins dans la seconde la limite de l’orgasme…

Pour conclure, je saute du coq à l’âne, hop.
Un autre aspect de la vie quotidienne qui m’a particulièrement frappé : les saisons. J’avais un doute sur leur existence, accoutumé au perpétuel automne lillois. Ok, je suis totalement subjectif pour le coup. Alternance marquée de saisons et climat idyllique ne sont pas synonymes, loin de là. Entre les averses torrentielles à la saison des pluies, les typhons, les températures caniculaires en été, j’aurais aussi bien pu surligner le climat en rouge. Faut quand même avoir la santé pour supporter l’environnement.

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