J’ai replongé…

Article dont on se demande ce qu’il fabrique dans la rubrique “arts martiaux”, mais à part le caser dans le fourre-tout… Et puis le jeu de guerre, c’est martial. Et les figurines peintes, c’est artistique. Et surtout, ma mauvaise foi n’a pas de limite, d’autant que je suis le seul maître à bord.

Ça devait arriver…
Des heures, que dis-je des jours, passés sur le PC depuis des années en jeux de stratégie temps réel (ah, les Age of Empires…) et wargames à petite et grande échelle (notamment Heart of Iron 2, la Campaign Series de Talonsoft avec East Front, West Front et évidemment Rising Sun…). Le bon temps des wargames sur table, les “jeux du pauvre” en encart de revues comme Casus Belli ou Vae Victis… Et dans ma folle jeunesse, conséquence logique de mes activités de rôliste, une incursion dans le jeu de guerre avec figurines dans la veine moins historique de Warhammer Battle et Warhammer 40,000. Et encore avant, des tonnes et des tonnes de petits soldats en plastique au 1/72e, tous pays, toutes époques, que j’engageais dans des combats titanesques et totalement anachroniques voyant la Wehrmacht repoussée par Napoléon ou l’Armée Rouge tomber dans une embuscade gauloise… Approche moins académique qu’un stage à l’Ecole de Guerre, mais autrement plus fun.
Si seulement le conseiller d’orientation ne m’avait pas dissuadé au collège d’embrasser la carrière de condottiere sous le prétexte fallacieux d’une absence de débouchés… Genre comme si on ne faisait plus la guerre et que tout le monde vivait dans la paix et l’harmonie…
Evidemment, personne ne serait étonné d’apprendre qu’avec le temps, j’ai accumulé une bibliographie plus que conséquente sur l’art de la guerre. Seule ma biblio sur le Japon la dépasse en nombre. Ça ne surprendra personne non plus d’apprendre que mes recherches universitaires touchaient au domaine militaire pendant la période hellénistique.
Logique, donc, que je repique.

Comment c’est arrivé ? Par hasard, comme bien souvent. Grâce en soit rendu au dieu Internet qui, à partir d’une recherche débile et d’un enchaînements d’associations d’idées à la con et de liens farfelus, m’a amené à découvrir l’existence d’un club pratiquant le jeu de guerre avec figurines pas trop loin de chez moi. Veni, vidi. Pas vici, parce que faute de jouer, difficile de remporter la victoire. Mais séduit.
A partir de là, réflexion intensive. Renouer avec le med-fan et mon armée d’orcs… bof. Idem la SF et mes Tyranides. Pourtant la franchise Warhammer marche bien ici. Tenter le business local avec Gundam, bof aussi. Donc simulation historique, option doublement intéressante. D’une part, c’est nouveau pour moi, du moins la transition pions cartonnés ou pixels vers les figurines 15 mm. D’autre part, la notion d’Histoire est à la fois une base indispensable et un critère hautement relatif. En effet, les armées s’affrontent par période d’équivalence sans s’occuper de géographie. Remplacez les arquebusiers espagnols par des ashigaru équipés de pétoires, les piquiers en armure par des bushi portant le yari, et vos “conquistadores” nippons peuvent affronter les armées précolombiennes du Nouveau Monde… C’est donc l’occasion de tester des combinaisons que l’Histoire n’a pas permise, tout le monde n’ayant pas eu comme les Mongols l’occasion d’affronter tout ou presque des armées du monde connu (et ça, je ne l’invente pas, c’est un fait historique).
Et puis, c’est bon à prendre de me remettre à une activité manuelle où je me débrouille bien mieux que dans mes sombres tentatives d’armurerie de kendō. Peinture des troupes et bricolage d’éléments de décors, je maîtrise.

Viennent ensuite les choix cornéliens.
D’abord, faut être sûr de se lancer, l’activité étant chronophage (temps de jeu et surtout de peinture), onéreuse (une armée de petits bonshommes en plomb n’est pas donné et on a vite fait d’en posséder plusieurs pour varier les plaisirs) et encombrante (cantonnement des figurines et atelier peinture).
Ensuite, surtout, que jouer ? Mes premières amours me portent vers l’antique-médiéval. Les possibilités sont légion, comme les Romains (exemple d’armées jouables ici – même si la règle sera différente, l’idée de pléthore est là). Quitte à voir grand, je prévois non pas une ni deux mais TROIS armées. Grâce à l’omniprésent dieu Internet, je compte notamment sur les petites annonces de joueurs qui se délestent de leurs troupes pour rogner sur la facture globale et le temps de peinture (ce dernier point étant vital dans mon planning de ministre). Comme toujours, je vois large, très large, de façon à avoir une armée modulable à l’infini quitte à sacrifier le détail historique ultra-précis.

Premier choix, l’armée de cœur : du Japonais, évidemment, sans quoi il n’y aurait aucun intérêt de parler de tout ça ici. La plupart des figurines pourront combattre grosso modo du Xe au XIXe siècle (exception faite de celles qui utilisent cette technologie merveilleuse qu’est la poudre à canon), c’est homogène à gérer et me laisse une marge plus que conséquente sur le panel d’aversaires possibles. Sans surprise, c’est l’armée de base ici, ce qui doit beaucoup au fait que les samouraïs se soient surtout étripés entre eux. Et puis ici, on joue Asiatiques (Japonais, Chinois, Coréens, Mongols) aussi couramment qu’on joue Romains en France.
Pour faire plaisir à Yumi, qui par chance ne voit pas d’un mauvais œil ce hobby envahissant, je ferai la part belle aux archers (l’arc se dit yumi, 弓, en japonais) et je combattrai sous la bannière du clan Takeda et son logo Lesieur.

La cavalerie Takeda, une machine de guerre bien huilée.

Deuxième choix, l’armée de tous les possibles : une armée hellénistique au sens très large. Ce qui ouvrira une large palette d’options pour reconvertir une bonne partie des unités. Le cœur gréco-macédonien de phalanges pourra être réutilisé sur du grec classique (Spartiates ! Ahou !) ou de l’alexandrin (le Grand, pas de la poésie). L’ajout et le retrait de diverses unités (artillerie, machines de siège, éléphants, mercenaires divers et variés) permettra de se glisser dans la peau de n’importe quel diadoque et de glisser à l’occasion sur du séleucide, du lagide, du pergamien, du gréco-bactrien. Sans compter que c’est le genre d’armées qui a de la gueule grâce à sa diversité où se côtoient hoplites, éléphants et auxiliaires hauts en couleurs (Galates, Arabes, etc.). Investissement conséquent en prévision, donc, vu la variété envisagée.

Hellène, je m’appelle hellène.

Troisième choix, moins à l’ordre du jour que les précédents, car toujours à l’étude.
Option A, l’armée de mes racines, qui me donnerait l’occasion de faire violence à ma manie des régiments bien alignés et propres sur eux : du Gaulois.

Les Gaulois sont dans la plaine.

Option B, ma préférée, une armée vraiment exotique, quelque chose qui sorte du lot des habituels hoplites, légionnaires, samouraïs, chevaliers. (A noter qu’ici, les Gaulois, c’est exotique.) Auquel cas, je partirais plutôt vers du Maya ou de l’Aztèque, mais là, il faudrait quand même que je jette un œil sur les listes d’armées et les figurines existantes pour voir ce qu’il est possible de faire.

Bref, tout est à faire, mais c’est pas les idées qui manquent. Sur ce, je vais passer commande et utiliser le nerf de la guerre à l’usage pour lequel on l’a conçu : la guerre (sans quoi ce serait le nerf d’autre chose). L’idée, c’est d’arriver à court terme à aligner quelque chose comme ça :

Edit 1 : Intro obsolète depuis la création de la rubrique “Herr General Kuno”.
Edit 2 : D’autant plus obsolète que je viens de rebaptiser “Bushido” ce qui fut jadis la rubrique “Arts martiaux”.

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