Films en vrac (8)

Menu du jour : The Numbers Station, Headhunters, La Cadillac de Dolan et White House Down.

The Numbers Station (2012)
Enième histoire d’agent de la CIA aux mains sales mais qui a des remords confronté à un énième traître à base d’une énième fuite. Et donc un énième film très moyen.

Headhunters (2011)
Hodejegerne de son petit nom norvégien, un excellent thriller bourré d’humour noir. Rien à jeter. A l’opposé du film américain standard et de ses travers habituels (histoire tenant sur un confetti, prévisible, ne mettant en scène que les archétypes de gentils/méchants, gendarmes/voleurs, et reposant sur la poudre aux yeux pour masquer la misère à coups de pyrotechnie explosive, fusillades et courses poursuites). A voir impérativement.

La Cadillac de Dolan (2009)
DTV adapté de la nouvelle éponyme de Stephen King.
L’intrigue s’attarde trop sur ce dont on n’a rien à foutre (la femme du héros, sa vie, son œuvre) et pas assez sur son objet même (la vengeance). Rien que le choix de la méthode est plié en vitesse alors qu’il s’agit d’un élément central. Pourquoi le trou dans la route ? comment en arriver à cette idée ? Expédié. On se contentera donc de regarder Machin faire des trucs pour se venger de Bidule. Essentiellement le suivre et creuser. Ennuyeux.
La nouvelle de King fait partie de ses textes très délicats à adapter et ni le réalisateur ni le scénariste n’avaient les épaules assez larges pour le projet.

White House Down (2013)
J’ignore ce qui se passe à Hollywood en ce moment, mais faire péter la Maison Blanche semble être la dernière mode du moment. Après l’indigeste Chute de la Maison Blanche (Olympus Has Fallen en VO), au tour de WHD de pulvériser le célèbre édifice.
J’avoue avoir du mal avec Roland Emmerich. Comme avec Michael Bay. J’ai tendance à mettre les deux dans le même sac, celui du cinéma bourrin pas très malin. Pas que je déteste ce genre de cinéma – Commando est un de mes films préférés, c’est dire. Juste que revoir les mêmes films avec les mêmes archétypes aux prises avec les mêmes scénarios pleins des mêmes grosses ficelles… Y a un moment où stop. Marre du grand vide camouflé sous la débauche pyrotechnique. Pour autant, je ne les considère pas comme de mauvais réalisateurs. Ils font des films de merde, mais ils le font bien. Encore que Bay, je commençais à avoir un doute avec les Transformers. M’enfin en vrac, dans la filmo des compères, j’adore Universal Soldiers, Stargate, Rock et Bad Boys. Depuis la fin des années 90, je n’accroche plus du tout. La faute, je crois, à l’absence complète de recul des œuvres. Y a rien qui ne soit pas du premier degré, au point d’en devenir comique dans le meilleur des cas, lourdingue la plupart du temps. Je pense notamment aux discours patriotiques (ou sur la famille, ou l’héroïsme, ou l’humanité, ou la vie…) entendus mille fois ailleurs et repris au pur premier degré. Et c’est chiant, lourd, pompeux, grandiloquent… ridicule. Armaggedon, par exemple, j’en suis venu à le classer dans le genre comédie catastrophe patriotico-nanardo-ringarde. J’en ai autant pour 2012, Le Jour d’Après, Pearl Harbor, Independance Day.
Ces deux salopards m’ont bien eu. Bay avec No Pain, No Gain ; Emmerich avec White House Down. Et comme il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, ils viennent de remonter dans mon estime.
White House Down reste du Emmerich. Du bourrinage plein de grosses ficelles. Le héros s’appelle John, porte un marcel, se trouve au mauvais endroit au mauvais moment et affronte des hordes de terroristes. Non, je ne parle pas de Die Hard. MAIS. Les terroristes ne sont pas Iraniens, Afghans, Palestiniens ou autre clichés barbus portant turban, AK-47 et ceintures d’explosifs. Ils ne sont pas non plus Coréens ou Chinois. Non, madame, ils sont Américains. Et la, déjà, bonne idée, ça change. Bien sûr, ils restent très cliché avec la gueule de l’emploi. La preuve, ils portent des tatouages et ont une sale gueule.
Le héros est propre sur lui quoique mésestimé de tous. Tout le monde le déteste ou l’ignore, à commencer par sa fille qui l’appelle par son prénom… et qui l’appellera bien sûr “papa” à la fin. je ne vais pas épiloguer sur les détails divers et variés. Tout est cliché, convenu, téléphoné. Un exemple, le traître, on le démasque en une seconde quand il part bosser sans son pin’s à la bannière étoilée qu’il pose près du portrait de son fils… qu’on suppose mort, à juste titre, et qu’on suppose être le motif de sa trahison, à juste titre aussi. C’est plus des grosses ficelles, carrément des câbles d’amarrage ! Ce qui rend l’exposition assez chiante. Il faut 25 minutes avant que l’attaque ne commence, juste pour nous exposer des évidences qu’on a déjà vues dans 8537 films auparavant. Honnêtement, j’ai eu très peur quand j’ai commencé à me faire chier dans la salle au bout d’un quart d’heure. Par contre, quand l’action commence à péter, il n’y a plus un temps mort pendant plus d’1h30. Ça tire, ça pète de partout, c’est complètement irréaliste mais on s’en fout. Y a zéro tension, parce qu’on sait que John s’en sortira, que sa fille s’en sortira, que le président s’en sortira. Mais on s’en fout. C’est toujours comme ça de toute façon. WHD ne vend pas autre chose… encore que.
Donc en soi, bien foutu et assez prenant malgré un début longuet. Là où j’ai été agréablement surpris par rapport à La Chute de la Maison Blanche, c’est qu’on nous épargne les conneries habituelles. Pas de grand discours patriotique sur fond de drapeau américain et de clairon. Pas une petite mention du 11 septembre. Ouf. Le président tient même un discours qui vaut au film de se faire descendre aux USA alors que le propos relève de la stricte vérité et du secret de polichinelle. Il n’est pas question de déployer des troupes pour une “guerre juste” contre le terrorisme. Du tout. Le président veut au contraire les rappeler pour empêcher le complexe militaro-industriel de s’engraisser via la spirale conflictuelle qu’il entretient en sous-main. Enfin un discours qui ne soit pas du God bless America über alles ! Rarissime dans ce genre de film, à plus forte raison lors d’une attaque de la Maison Blanche qui est quand même “un peu” le bastion suprémaciste américain. Par-dessus le marché, WHD, contrairement à son immonde confrère Olympus, ne se prend jamais au sérieux. Le film abonde en feintes moisies, vannes à deux balles, phrases qui tuent et éléments humoristiques qui rappellent les plus belles heures du genre (Commando, Piège de Cristal et autres mines de citations). J’ai carrément chopé le fou rire pendant la scène dans la limousine avec le lance-roquettes. Tellement énorme…
Bref, du bon film d’action et nettement moins con que la moyenne, voire pas con du tout comparé aux moutures américaines habituelles sur le sujet.

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