Films en vrac (7)

Au menu aujourd’hui, des plats qui tachent : Trick’ Treat, Stitches, Planète Terreur, Re-Animator et The Hidden.

Trick’r Treat (2007)
DTV réalisé en 2007 et sorti selon les pays en 2008 ou 2009 après avoir fait le tour des festivals.

Trick_r_treatUn film d’horreur inventif, ça faisait un bail que je n’en avais plus vu ! Quoique inventif, non. Le concept du film à sketches a déjà été utilisé moult fois et le cadre de la nuit d’Halloween encore plus. Donc quelque part, rien de nouveau sous le soleil la pleine lune. Mais Trick’r Treat a la gros avantage de se démarquer dans le genre. Déjà, point de slasher convenu ou de resucée de La Nuit des Masques. Surtout, on tient là vrai bijou de construction scénaristique. Et c’est bien dommage qu’il n’ait pas bénéficié d’une sortie sur grand écran. Trick’r Treat est le genre de film qui permettrait à l’horreur de se débarrasser de l’étiquette “sous-genre crétin pour public décérébré”.
Quatre histoires (plus une intro et une conclusion, comme une bonne dissert’) dont les éléments se croisent au propre comme au figuré. Le jeu consiste à repérer les détails qui les relient les unes aux autres au-delà de la figuer récurrente de Sam, fils improbable d’un épouvantail et d’une citrouille. Quelque part entre Pulp Fiction, Usual Suspects, Creepshow et Les Contes de la Crypte. C’est très bien foutu. L’excellence des décors et de la photographie créent une vraie ambiance qui rend aussi bien l’aspect festif d’Halloween que le Côté Obscur. L’abondance de références (contes, films) est un vrai régal sans tomber dans le défaut tarantinesque de l’étalage autocélébratoire estampillé “regardez l’étendue de ma culture”.
Film parfait alors ? Eh non. Si l’habillage et la construction brillent comme le reflet de la lune sur la lame du tueur masqué qui se tient juste derrière vous, le contenu pèche un peu. En soi, les histoires racontées restent classiques, éminemment prévisibles dans leur dénouement. Chacune fonctionnant avec les mêmes ficelles que Les Contes de la Crypte, dès lors qu’on en a vu un paquet comme c’est mon cas, suspense et révélations tombent à plat.
Beaucoup d’éléments renvoient à la célébration de l’Halloween américain, donc parlants pour le public indigène et moins pour le spectateur étranger. Le personnage de Sam fait écho à la fête celtique originelle, mais on en sait peu sur lui. Faut deviner tout seul que son prénom est une version raccourcie de Samain. Il a pour fonction de rappeler la tradition à ceux qui ne la respectent pas. Sauf que règles et tradition sont à peine explicitées et à la va-vite quand c’est le cas. Se déguiser, ok. Mais pourquoi ? Réponse dans Supernatural saison 4 épisode 7. Comment le déguisement en créatures monstrueuse en est arrivé à des Blanche-Neige, Superman et infirmières sexy en latex ? Mystère. Jack-O’-Lantern, les citrouilles et pourquoi on ne doit pas éteindre les bougies avant minuit ? On sait pas. “Parce que ça porte malheur”, j’appelle pas ça une explication. Le racket institutionnalisé à base de “trick or treat aboule les bonbons ou je te colle une boule de feu dans les gencives” ? Le cœur du film – au point d’en constituer le titre ! – aurait gagner à développer la notion d’offrande propitiatoire et de prophylaxie.
Au final, excellent exercice de style, dommage que le fond n’ait pas la profondeur de la forme.

Stitches (2012)
Coulrophobie. Hop, réglé. Parce que dès qu’on parle d’un clown tueur, à un moment, citer la phobie des clowns est un passage obligé histoire de caser un mot savant. Faut aussi citer quelque part Ça de Stephen King et Killer Klowns from Outer Space.
L’histoire d’un clown de douzième zone qui meurt lors d’une fête d’anniversaire et revient tuer les responsables.
Gros défauts de Stitches : son budget de misère, son casting, des défauts d’écriture qui se ressentent surtout dans les personnages. Putain, les personnages… Des caricatures d’archétypes d’ados tels qu’ils abondent dans le cinéma d’horreur. Que des têtes à claques qu’on veut voir crever le plus rapidement et le plus douloureusement possible. Aucun ne présente le moindre intérêt, mais on va se farcir la chronique de leur vie au bahut pendant une première moitié de film longue, chiante, mal écrite, mal filmée et mal interprétée.
Seul acteur valable et même excellent, Ross Noble dans le rôle titre. Seul personnage intéressant, le clown, dont la première apparition en pleine levrette vaut à elle seule le détour. A lui (eux) seul(s), Noble/Stitches concentre(nt) tout le talent, toutes les répliques mordantes, toute l’inventivité du film. Et là, c’est carnaval ! La deuxième partie du film relève du festival de mauvais goût, de gore, d’humour noir. Chaque meurtre est à se tordre de rire. Magistral !
A voir pour les amateurs de comédie horrifiques, de loufoqueries assumées plus Z que B. Faut juste survivre à une première moitié franchement ratée ou la passer carrément.

Planète Terreur (2007)
Vaste fourre-tout abondant en références, festival de grand n’importe quoi excellemment maîtrisé, cet hommage de Rodriguez au cinéma d’exploitation et aux séries B est un régal.

Re-Animator (1985)
Film culte très librement inspiré de la nouvelle Herbert West réanimateur de Lovecraft. Le film ne respecte pas le moins du monde l’histoire originale, mais en garde l’esprit. West conserve son nom, son thème de recherche et surtout son caractère de savant amoral jusqu’au-boutiste. La relation de l’acolyte avec le docteur, mélange de réprobation, de fascination et de servitude, est bien passée du papier à la pellicule. Le bon vieux duo savant fou + Igor.
Mention spéciale pour la tête coupée et son cunnilingus.

Hidden (1987)
Un alien débarque sur Terre pour goûter aux joies du rêve américain : grosses bagnoles, flingues et hard rock. L’occasion de scènes d’anthologie comme le téléscopage d’un fauteuil roulant avec une bagnole, le passage de la créature d’un corps à l’autre ou, lorsqu’elle pénètre (sic) une strip-teaseuse, sa découverte candide de la seule chose qui pourrait me faire croire à l’existence d’un Dieu génial et bienveillant : les nichons.
Pour l’arrêter, qui mieux qu’un duo de flics-que-tout-oppose, très à la mode dans les années 80 ?
A grand renfort de poursuites et fusillades, Hidden offre un spectacle hybride de SF, d’horreur et d’action, qui n’a pas pris une ride ou presque.

C'est une autre dégaine qu'Alien ou Predator.

C’est une autre dégaine qu’Alien ou Predator.

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