Films en vrac (6)

Au menu aujourd’hui, de la grande finesse avec Hansel & Gretel, Le Temple d’Or, Le Dernier Rempart et Bangkok Fighter.

Hansel & Gretel : Witch Hunters (2013)
Je ne vais pas chercher à comprendre pourquoi le titre n’est pas traduit en français alors que c’eût été justifié…
Mitigé.
Dans les plus, H&G ne pète pas plus haut que son cul de film d’action comico-fantastique volontairement délirant. Ça ne manque pas de fun et j’avoue m’être bien marré. Le carnage du troll, notamment, est tordant. S’ajoutent quelques trouvailles inventives comme le diabète d’Hansel ou le prénom de ce fameux troll qui fait allusion à Twilight. Les anachronismes divers et variés n’ont pas choqué l’historien que je suis, au contraire. Ils restent dans la lignée “hénaurme” qui imprègne le métrage. Le cadre flou rend de toute façon l’histoire atemporelle, ce qui colle avec l’intemporalité d’un conte de fée.
Mais…
Que le film ne vole pas haut n’est pas un problème en soi. Le trait est voulu et assumé. Le problème étant qu’au-delà des scènes d’action, il ne reste rien. Des tas de trucs auraient gagné à être développés un poil plus ou mieux amenés. Je pense notamment à la sorcière qu’Hansel et Gretel sauvent in extremis au début. On sent tout de suite qu’elle fera l’objet de la “romance à caser impérativement parce qu’elle est dans le cahier des charges”. Quand la chose arrive, on s’en fout, et quand elle crève, pareil. Intensité dramatique zéro. L’ensemble reste au final une somme de trucs piqués à droite à gauche et déjà vus 500 fois ailleurs.
La grosse incohérence qui m’a énervé : le niveau des protagonistes. Hansel et Gretel sont des super chasseurs de sorcières… ou pas quand on voit comment ils se font savater. A se demander s’il s’agit de professionnels ou d’amateurs. Les sorcières terrifiantes aux multiples pouvoirs, idem. On sent dans chaque scène l’impératif cinématographique qui fera d’Untel un killer ou une tanche. Ça pue l’artifice à plein nez, donc impossible de rentrer dans le film.
Enfin, le film a été tourné en 3D et c’est une très mauvaise idée de le regarder en 2. Moult trucs volent en direction du spectateur et en 2D, ça rend très “gadget 3D” et paraît complètement artificiel.
Donc série B fun et sympa, mais mal construite et n’allant pas au bout de la parodie ou de ses idées. Pas le navet descendu par la critique mais un futur bon nanar d’ici quelques années, je le pressens.

En selle et Gretel.

En selle et Gretel.

Le Temple d’Or (1986)
Du lourd annoncé dès les premières images : Chuck Norris, Louis Gosstt Jr et Melody Anderson dans une production des inénarrables Golan et Globus. Un Indiana Jones du pauvre ô combien nanar.
Dialogues pourris mais drôles, acting foireux, scénar timbre-poste et gruyère, décors en carte-pâte, rebondissements téléphonés, situations incohérentes, moustaches à toison foison… tout ce qu’il faut pour un bon gros nanar qui tache.

Le Dernier Rempart (2013)
Film qui marque LE grand retour de Schwarzenegger à l’écran dans un premier rôle. Bourrin, drôle, un divertissement basique mais très bien foutu, une excellente série B.
On sent bien la patte de Kim Jee-Won (Le Bon, la Brute et le Cinglé) qui sait à la fois respecter le cahier des charges et jouer de certains codes et clichés du genre. Schwarzie en shérif plus tout jeune, revenu de tout, fatigué de tout, mais encore capable de manier un arsenal digne de Commando, s’intègre parfaitement dans la vogue actuelle des papis flingueurs (Die Hard, Expendables – même si le phénomène n’est pas nouveau, cf. les derniers opus de la saga Death Wish). Le Dernier Rempart n’aurait pas dépareillé dans sa filmo des années 80-90 et parvient dans le même temps à ne pas sembler anachronique en 2013.

Bangkok Fighter (2011)
Une grosse merde.
Le personnage principal, Manit, est incarné par le pire acteur que la terre ait jamais porté. Pas qu’il joue mal, juste qu’il ne joue pas du tout. A côté, le monolithique Steven Seagal passerait pour un dieu de l’acting. Affubler le personnage d’une pathologie qui le rend incapable de ressentir donc d’exprimer une émotion sent le cache-misère à plein nez. La ficelle scénaristique aux allures de corde XXL ne prend pas. “L’acteur” (sic) Jon Foo exsude le même charisme que son personnage. Ou qu’un poulpe. Sa pseudo nonchalance donne plutôt à penser qu’il n’en a rien à branler de ce qu’il non-joue.
Jean-Marc Minéo se révèle aussi piètre réalisateur que scénariste. L’histoire, déjà vue mille fois, est traitée n’importe comment à grands coups de clichés, ellipses et incohérences. Le cadrage foireux et l’image dégueulasse puent l’amateurisme avec un niveau de réalisation proche de Vidéo Gag. Le moindre effet de caméra est raté. Minéo réussit même à foirer un truc basique comme poser une caméra et coller deux personnages devant pour qu’ils tapent la discute.
L’ensemble respire l’ennui, la faute à un rythme mollasson comme une bite gorgée de bromure. On saute d’un poncif l’autre en se faisat royalement chier. Une romance artificielle, un gang de poufs cosplayeuses, des flics corrompus, un traître, un gamin recueilli par un vieux sage qui lui enseigne les arts martiaux, rien ne nous sera épargné.
Présenté comme le nouvel Ong-Bak, Bangkok Fighter soufre du même défaut : le scénar famélique prétexte à enchaîner des scènes de baston. Sauf que dans Ong-Bak, au moins, elles étaient bien foutues et impressionnantes et se rattachaient quand même à l’intrigue. Ici, des combats sortent de nulle part et on n’y voit pas grand-chose puisque cadré avec les pieds. On dirait moins un produit fini qu’un brouillon.
Seul intérêt, les dialogues. Ils sont à chier comme le reste mais ont le mérite de devenir comiques. Jon Foo ne s’exprime que par phrases qui tuent, toutes plus clichés les unes que les autres et sorties tout droit des années 80. Chaque réplique tombe à plat, le bide intégral. Le doublage moisi n’arrange rien.
Quitte à choisir une histoire simpliste avec des acteurs pas forcément excellents mais qui ont le mérite de se donner à fond et offrent une vraie performance martiale, matez plutôt Ong-Bak ou les vandammiens Kickboxer et Bloodsport. Vandamme et sa noix de coco, Vandamme et sa brique, Vandamme et son grand écart, Vandamme et ses bouts de verre, ça c’était quelque chose !

JCVD reste indétrônable.

JCVD reste indétrônable.

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