Films en vrac (4)

Ah, les vacances… Entre deux gionneries, j’en profite pour me gaver de films. Au menu : Mon Cousin Vinny, The Collector, The Collection, Du plomb dans la tête, Quai des Orfèvres, La Chute de la Maison Blanche et Elvira.

Mon cousin Vinny (1992)
Sympathique, divertissant, daté.

The Collector (2009) – The Collection (2010)
Un Saw-like, plus ou moins prévu pour servir de préquelle à Saw et réalisé par Marcus Dunstan, le scénariste de plusieurs Saw. Non, non, le mec ne s’est pas enfermé dans une manie obsessionnelle et n’essaie pas d’exploiter le filon comme pas permis. Ayant vu l’intégrale de la franchise Saw, tout se mélange dans ma tête. Mais pour autant que je m’en souvienne, sur 7 films, la saga compte 6 daubes. Cela dit je garde une pensée émue pour Saw VI (de Strasbourg) et Saw VII (de l’archiduchesse), sources inépuisables de jeux de mots moisis.
Voyant Dunstan à la réalisation, premier réflexe : ça pue. Après, comme je dis toujours, tu peux avoir un réalisateur génial et des acteurs bardés de récompenses, si t’as un scénariste de merde, t’auras un film de merde. L’histoire reste à mon sens ce qui fait le film (manie de littéraire, désolé). Donc, regardons qui scénarise l’œuvre. Pas de bol, c’est le binôme Bras Cassés avec Dunstan (encore) et son éternel complice Patrick Melton. On a donc deux scénaristes de merde pour le prix d’un et un réalisateur débutant.
Finalement, The Collector relève de l’auto-plagiat où les scénaristes servent un bête Saw du pauvre.
Du tueur, on ne sait rien, à part qu’il tue (le scoop !) et embarque des gens dans une malle pour sa collection. Je ne suis pas fan de la technique du “spectateur-scénariste”, que j’assimile à de la flemme ou un manque de talent. Y a une différence entre laisser planer le mystère sur la base de quelques éléments et catapulter le spectateur dans un trou noir informatif.
Un film à éviter donc. (Et comme je viens de me rappeler avoir pondu jadis une chronique complète dessus, je la ressortirai prochainement des cartons.)
Sa suite, The Collection, on s’en passera encore mieux. L’intro donne un nouveau sens au mot “surenchère” : le McGyver du crime anéantit la clientèle d’une boîte de nuit avec l’équivalent d’une moissonneuse-batteuse. Le soufflé retombe aussitôt et la suite du film se réduit à une partie de cache-cache dans la tanière du tueur. Le rythme suinte l’ennui, la faute à la course-poursuite qui s’éternise. 50 pièges au m² et finalement peu de morts en comparaison de l’ouverture tonitruante. Mention spéciale aux mercenaires super entraînés qui se font savater comme des débutants.

Du plomb dans la tête (2013)
Tout semble sorti d’une autre époque mais en trop vieux. Que des idées originales : un duo de gars que tout oppose, un soupçon de vengeance, une pincée de flic ripou, une ch’tite trahison. Le cocktail aurait pu fonctionner dans les années 80. En 2013, la recette a pris du plomb dans l’aile.
Stallone se montre aussi monolithique et inspiré que Steven Seagal, affublé par-dessus le marché d’un binôme transparent. Idem le reste du casting. La remarque vaut tant pour les acteurs que les personnages.
Ne reste que les dialogues qui fleurent bon le nanar. Ça sent le “mauvais film sympathique en puissance” !

Quai des Orfèvres (1947)
J’avais parlé tantôt du génialissime Corbeau du même Clouzot, qui reste jusqu’ici ma grosse claque filmique de l’année 2013.
Quai des Orfèvres est à voir. Pas juste parce que c’est un classique du cinéma français. Pas tant non plus pour le côté policier. Surtout pour la galerie de personnages et leurs relations. N’importe lequel d’entre eux a plus d’épaisseur que l’ensemble des protagonistes des 5 films que je viens de passer en revue. Une autre catégorie d’acteurs aussi. A elle seule, l’interprétation de Jouvet reste une grande leçon de cinéma.

La Chute de la Maison Blanche (2013)
Une merde patriotique de plus.
Le mont Clichés culmine très haut et l’ascension promet d’être longue. Un traître qu’on repère dès sa première apparition après 3 mn de film, un gamin dont on se doute tout aussi vite qu’il fera figure de demoiselle en détresse, un président américain pétri d’honneur, de courage et de vertu sacrificielle, des méchants Coréens (pléonasme dans ce genre de films), un super agent rongé par un passé douloureux qui ne l’empêche pas de cramer à lui seul 40 terroristes sans s’essouffler.
Le reste à lavement l’avenant : scénar tenant sur une tête d’épingle, dialogues plats comme la poitrine de Birkin, personnages monolithiques, acteurs à chier. Tout est CGIsé à mort et ça se voit, particulièrement dans le cas du sang et des explosions.
Le film s’achève sur un discours présidentiel que n’auraient pas renié Reagan ou Bush. On dirait une de ces grandes œuvres réac avec Chuck Norris, moins le côté nanar et sa dose de comique involontaire. Ici, ni humour ni dérision ni second degré, rien qui prête à sourire.
En Allemagne, tu filmerais l’assaut du Reichstag et le sauvetage d’Angela Merkel avant de balancer “Deutschland über alles”, tu passerais pour un salaud de nazi (c’est cadeau aujourd’hui les pléonasmes). Aux USA, tu conclus par “Dieu bénisse l’Amérique”, t’es un putain de patriote avec des brunes commak. Sauf que voilà
Antoine Fuqua porte décidément bien son nom. Ce film de propagande lui ouvre une suite de carrière chez le fabriquant de dragées laxatives du même nom.

Elvira, Maîtresse des Ténèbres (1988)
Film culte s’il en est ! Ou pas. Pour moi, il l’est ! Sans doute parce que je l’ai vu à l’époque et dans son contexte. Elvira bénéficie d’un capital sympathie 100% subjectif. La nostalgie pour les années 80 et les années collège où l’on s’émoustillait d’un rien… ah, jeunesse envolée…
A découvrir aujourd’hui, pas sûr que j’aurais accroché. Encore que… L’humour ne vole pas haut, mais on ne peut pas s’empêcher de se marrer. Les sous-entendent graveleux abondent et les dialogues valent leur pesant de nibards cacahuètes. Même le cabotinage infernal de Cassandra Peterson parvient à passer tant il correspond à son personnage exubérant et débordant de nichons. Y a du kitsch, du nanar, du nawak, des effets spéciaux dépassés…
O tempora, o mores

Elvira

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