Films en vrac (2)

Suite du premier volume, d’où le numéro 2. Merci La Palice, mon héros.
Au menu : Clones, Cogan : la mort en douce, The Factory, Argo et Looper.

Clones (2009)
Surrogates en VO. Déjà, exit les clones, le film en comporte zéro. J’ai recompté. Actuellement, le traducteur cherche deux rotules neuves et moi un avocat.
“Sympathique divertissement”, comme dit le lieu commun. Aurait pu donner lieu à une réflexion intéressante sur les otaku, les joueurs de WoW, les no-life, et plus généralement les technologies de communication qui mettent des tas de gens en contact sans que  personne ne sorte de chez soi. Sauf que non, Clones préfère les poursuites. Ok, la réflexion sur les dérives de la technologie à outrance, dans le genre original… Mais bon, les poursuites à grand renfort d’effets spéciaux, dans le genre encore plus original…
Sympa à voir mais rien de transcendant : chaque scène est aussi conventionnelle que  prévisible… surtout la fin. Au moins on ne peut pas lui reprocher de donner dans la mode du twist à deux balles. On dirait une énième adaptation ratée d’une nouvelle de Philip K. Dick.

Cogan : La Mort en douce (2012)
D’accord, il y a Brad Pitt. Sinon, je me suis royalement fait chier pendant une heure et demie.

The Factory (2011)
Partant d’une idée très originale (un type kidnappe, séquestre et assassine des prostituées), le scénario emmène le spectateur dans une suite de scènes sans intérêt et prévisibles, peuplées de personnages pour lesquels la notion d’archétype a été inventée (le flic qui passe plus de temps au taf qu’avec sa famille, l’ado rebelle…).
Le scénariste pousse même le vice jusqu’à coller une de ces coïncidences honteuses qu’on n’oserait décemment imaginer : le psychopathe de service kidnappe par erreur la fille du flic qui enquête sur ses crimes ! Gonflé…
Quant à la fin soi-disant renversante, elle est prévisible avant même la moitié du film. Sitôt qu’on sait que les nanas sont séquestrées dans le but de les engrosser et de récupérer leurs marmots. Comme on nous avait balancé d’entrée que la partenaire du flic en question est stérile et aimerait des enfants… Bonjour le suspens…
A la fin, le flic tue le psychopathe. La fliquette tue le flic. La fille du flic est sauvée. La fliquette se barre comme une fleur avec les marmots. Les gentils gagnent… plus ou moins… les méchants, pareil.
Pour couronner le tout, la VF est immonde. Comme tout le film en fait.

Argo (2012)
Que voilà une bonne surprise pour une fois ! Avec Ben Affleck, j’ai toujours un peu peur quand on voit sa filmo. Armaggedon, Pearl Harbor, Daredevil, Paycheck, Elektra, autant de titres qui ne poussent pas à la confance.
Peur aussi d’un énième métrage propagandiste et patriotico-manichéen sur l’air de “nous sommes les Américains, nous sommes des héros, nous sauvons le monde, nous résolvons les crises (en grande partie parce que nous en sommes responsables 9 fois sur 10 mais chut)”.
Finalement, non, le thriller se relève excellent. Sans surprises, certes, puisque comme tout film basé sur un événement d’histoire ou d’actualité, on connaît la fin. Le scénar est d’ailleurs linéaire avec son lot de péripéties conventionnelles :

  • Les autorités ne sont pas convaincues par le “plan B” proposé. Car les autorités ne sont jamais convaincues que le volcan va entrer en éruption / un requin géant bouffe les nageurs / un tueur rôde dans les bois / des aliens se sont infiltrés dans la ville en se faisant passer pour des humains (rayer les mentions inutiles).
  • La mission sera annulée à la dernière minute, mais le héros américain est un homme de parole et il décide donc de passer outre les ordres de ses supérieurs pour sauver les otages qui comptent sur lui (sortez les violons…).
  • Le type le plus réticent à s’impliquer dans la combine et le plus mal à l’aise sera évidemment celui qui sauvera la situation au moment où on est censé s’y attendre le moins (car un Américain, même un second couteau, est plein de ressources).
  • Les Iraniens finissent par découvrir le pot aux roses, s’élancent à la poursuite des fuyards… dont l’avion décolle in extremis pour les emmener vers la liberté.

Bref, niveau clichés et scènes attendues, on n’est pas volé. Ce qui n’empêche pas un ensemble bien maîtrisé et bien rythmé, avec des pointes de cynisme et d’humour dosées juste ce qu’il faut. Après, comme d’hab’, faut supporter le côté éminemment subjectif de la chose : même sans super-pouvoirs, un Américain est toujours un héros… Cela dit Argo sait montrer de la retenue sans tomber dans le patriotisme excessif.
Par contre, pour avoir lu diverses critiques, j’aimerais qu’on m’explique où leur rédacteurs ont vu du suspens ? Les faits remontent à 1980, le gros de l’histoire est connu aussitôt (au point qu’un téléfilm raconte l’opération dès l’année suivante), les derniers détails (comme l’implication de la CIA) ont été rendus publics en 1997. Y a pas de mystère, on sait comment le film va se terminer. Non, parce que sur ce principe, on peut classer Le Jour le plus long dans les films à suspens aussi. Le débarquement allié en Normandie va-t-il réussir ? Le spectateur est cloué à son siège jusqu’à la dernière seconde par une tension insoutenable…

Looper (2012)
Celui-ci, il y aurait beaucoup à en dire… raison pour laquelle je ne dirai rien. En parler, c’est le spoiler.
Tout simplement excellent ! Sans être adapté directement d’une nouvelle ou d’un roman, Looper est à ce jour une des meilleures adaptations de l’univers de Philip K. Dick à l’écran. On y retrouve nombre de ses thèmes de prédilection (pouvoirs psy, manipulations, voyage dans le temps, double/simulacre).
Amateurs de paradoxes temporels, ce film est fait pour vous. En plus, il réussit à ne pas tourner en rond (en dépit de son titre) et à rester cohérent sur un thème à s’arracher les cheveux. Evidemment, un lecteur averti d’anticipation et autres histoires de voyage dans le temps devinera sans peine le comment et le pourquoi de la fin. (Ou alors c’est moi qui ai un don pour choisir des films prévisibles vu le nombre de fois où j’ai employé cet adjectif… en gros une fois par film que je mate.)
De la superbe science-fiction !

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