FAQ (Foire Aux Questionzàlacon)

Quoi de neuf ?
Rien. J’ai tout de même parcouru un peu de chemin et progressé dans mon ascension sur le grand escalier en marbre de la vie.
A part ça, je demeure égal à moi-même. Pourquoi changer ce qui a atteint le stade de la perfection ? Modestie, tu me perdras…
Je reste donc le roi de la gugusserie des temps jadis (ou Fred Austère, Fred Vastaire, Barbe-Bleue, le Génie du Mal, le Cinquième Cavalier de l’Apocalypse, le Fléau, sans parler des surnoms à base de 鬼 dont m’affuble miss Yumi).
J’ai juste arrêté de courir cul nu devant les mairies, jouer dans les fontaines publiques ou brandir divers drapeaux dans les rues, comme je le faisais il y a 12-15 ans. Mes anciens condisciples universitaires devront continuer à pleurer l’absence sur ce blog de récits flamboyants qui me mettraient en scène dans un temple, les fesses à l’air et bourré au saké en chantant C’est nous les Faidherbards à la tête d’une chenille de moines.
En revanche, je dois bien admettre que j’ai un peu (beaucoup) chié dans la colle en oubliant cette maxime si chère à l’historien et attribuée à tort à Monsieur de la Palice : le passé, c’est le passé. Je me comprends…

C’est pas croyable tout ce que tu racontes ?!
Pourquoi le lire alors ?… Direction la Fnac et achetez un bien meilleur roman.
Sinon, je dois bien faire un aveu. Dans ce monument du web tout en bonne foi et modestie, il convient de ne pas prendre chaque propos au premier degré. Un débutant en analyse de texte, même issu d’une filière scientifique alors qu’on sait tous que les matheux sont des quiches sortis de leurs maths ou de leur physique ingrat, devrait être capable de faire un tant soit peu la part des choses parmi les opinions tranchées au katana, les formulations à l’emporte-pièce, les excès de langue et autres hyperboles dont je raffole. Transformer une anecdote de deux fois rien en épopée homérique donne un peu plus de pêche au récit que le style Facebook “aujourd’hui j’ai fait caca et je suis allé travailler”, palpitant comme pas permis ! N’importe quel lecteur pas trop con verrait que ça participe du “style gugusse” et ferait la part des choses entre le fond et la forme. Ne pas remarquer l’ironie ou le second degré en me lisant relève du sérieux handicap mental…
Rigolez pas, c’en est au point où j’ai dû expliquer à “quelqu’un”, pourtant pourvu d’un doctorat, que non, contrairement à ce que j’avais lancé pour déconner mais qu’il avait pris pour argent comptant, je ne suis pas vraiment samouraï dans une armée féodale japonaise.
(En relisant ce dernier paragraphe, je me rends compte d’un coup que je connais des gens vraiment très cons…)
Je suis en train d’essayer de me rappeler où j’ai fait vœu de raconter la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, de façon objective, non partisane, dépourvue de mauvaise foi, sans jamais forcer le trait… En un mot chiante comme un bouquin sur la mécanique des fluides. Il se trouve que la réponse est “jamais”.

A te lire, il ne t’arrive vraiment que des choses formidables. Sans blague ?
Comme dit plus haut, on n’est pas sur Facebook-j’aime ou un Skyblog-laché-vo-kom à partager avec x centaines de pseudo-amis des infos quotidiennes hyper importantes comme “j’ai mangé lol”, “bonjour xD”, “je vais me coucher mdr”. Je ne vois pas l’intérêt de raconter ce qui n’en a pas. Donc exit tout ce qui relève de la banalité affligeante.
Des soucis, tracas, tuiles, merdes, j’en ai. Déjà, ça ne regarde pas forcément tout Internet. Ensuite, si c’est du niveau “j’ai cassé un verre en rangeant la vaisselle VDM”, cf. trois lignes au-dessus. Enfin, j’ai passé l’âge du blog ado larmoyant “chui trop malheureux la vie c’est trop nul bouh”. Donc exit aussi.
Et puis la philosophie d’un blog étant de se faire mousser (autrement qu’en se tirant sur la nouille) et de chanter son propre panégyrique, hein, je vais pas me priver.
Ne reste donc qu’une tripotée d’anecdotes hautes en couleur à raconter : tant qu’à faire de vivre dans un pays étranger, culturellement très riche et où il se passe toujours quelque chose quelque part, autant en profiter. C’est un peu le but de la manœuvre en fait, sans quoi je serais resté en France et me serais installé au bord d’une voie ferrée à regarder bovinement passer les trains. Pour ensuite me lamenter que “p’tain elle est trop chiante ma vie” et faire payer ma grosse lose à d’autres en les dénigrant royalement.

Alors le Japon ?
Non, en fait, je suis installé aux îles Caïman grâce aux sommes fabuleuses que j’ai extorquées à des petits vieux lors d’un précédent canular par blog interposé. Je ne suis pas prof, rien qu’un escroc-fabuliste, mi Esope mi Robin des Bois, qui vit des intérêts bancaires de ladite arnaque. Quant à Yumi, loin de figurer à mon bras comme une honnête fiancée, ce n’est jamais qu’une escort parmi toutes celles qui me pompent quotidiennement le jonc lors d’orgies que la décence m’interdit de décrire ici.
Nan mais je vous jure. En vérité je vous le dis, si j’ai commencé à m’intéresser au Japon en 1996, c’était uniquement en prévision de cette formidable gugusserie. Je savais que j’aurai besoin d’une couverture pour couvrir mes arrières bien des années plus tard. Je vois encore à plus long terme qu’un méchant de James Bond ! Au passage, on remarquera que je n’ai pas fait les choses à moitié, puisque pour rendre la chose crédible, je n’ai pas hésité à investir des centaines d’heures et d’euros en films et bouquins, poussant le vice jusqu’à apprendre une des langues les plus difficiles au monde et me faire tatouer la moitié du corps. Des broutilles… Un tel souci du détail, de la mise en scène et de l’implication dans le rôle renvoie De Niro au rang de piètre amateur à peine concerné par ses prestations. Avouez que je mériterais une brouette d’Oscars ! Le plan le plus long, le plus tordu et accessoirement le plus inutile de l’Histoire ! Agenouillez-vous devant moi, ô le grand Méphisto ! Mais je m’égare, comme Théognis…
Comme l’a dit un éminent philologue allemand du siècle dernier, “plus le mensonge est gros, plus le peuple le croit” (citation approximative, j’ai la flemme de chercher). Certes… A ceci près que ledit Germain est la preuve même des limites de son axiome. Joseph Goebbels qu’il s’appelait, encore un qui avait pourtant un doctorat…

Sans blague ?
Nan, mais je déconne là. Second degré, ironie, tout ça…
Le fait est que partir à l’étranger, ça n’arrive jamais, le monde s’arrêtant aux portes du quartier pour les plus casaniers. Si mater un éléphant dans un zoo relève d’une expédition digne d’un safari sur les pentes du Kilimandjaro, pas étonnant que tout ce qui sorte du triptyque métro-boulot-vie-de-merde prenne des allures de conte de fée dur à avaler ou suscite quelque envie voire jalousie à l’aune de sa propre médiocrité.
Jamais, au grand jamais, par exemple, on ne retrouverait la trace de rescapés de nos promos d’étudiants à Londres, Sydney, Dresde ou Florence, pas plus que dans le Connecticut, en Virginie, en Chine, en Iraq, à Haïti, au Mexique… Quiconque soutiendrait le contraire serait un effroyable mythomane, quiconque vous annonce un soi-disant départ prochain pour son STO cherche seulement à couper les ponts et se faire oublier pour ne pas être démasqué.
D’autant que depuis plus de 15 ans que je m’intéresse au Japon, quelle surprise que j’y pose mes valises. L’Antarctique, je dis pas, on atteindrait le top de la crédibilité, mais là c’est vrai que mon choix nippon défie le sens logique ! Personne n’aurait l’idée de partir habiter dans le pays où il rêve d’habiter, non mais quelle idée… Faudrait être siphonné jusqu’au trognon, incurablement ravagé de la cafetière !
Dans mon cas – on ne m’appelle pas le Grand Malade pour rien –, on parle quand même d’un type capable de ça et ça. Juste pour concrétiser un rêve de gosse niveau collège (voir Angelina Jolie, n’est-ce pas). Des plus bêbêtes aux plus sérieuses, j’aime bien réaliser les choses qui me tiennent à cœur. Vu mon côté monomanique jusqu’auboutiste, l’Empire du Soleil Levant était le passage obligé, le lieu où aller au bout des choses, le point d’orgue de mon accomplissement personnel.
Après, on n’a pas forcément la même notion d’une vie “bien remplie”. Dans mon cas, je n’ai aucune intention de me limiter à torcher des mouflets que je regrette d’avoir, regarder pousser ma bedaine de sédentaire ou me plaindre d’un quotidien qui m’emmerde.
On me verrait sûrement mieux clodo peut-être. Pour mieux me reprocher d’être chômeur, sans doute, ça aussi, j’ai donné. (D’un coup avec le recul… je sais pas si on a les “amis” qu’on mérite, m’enfin je me rends compte que j’en ai croisé des gratinés…)
Ah, le boulot, tiens. Je suis prof… aberrant aussi ?… Passons sur le fait que les 3/4 des gens qui ont suivi le même cursus que moi ont depuis fini profs (toukhôn khâgneux) ou ingénieurs (toukhôn taupins), il s’agit probablement d’une erreur statistique… Là-dessus, j’aurais dû dire que je bossais dans un bahut de merde, c’est tellement plus dans le vent du misérabilisme professoral français de raconter ses aventures à Tourcoing, les impacts de balles dans les vitres, les marabouts qui lancent des sorts lors des réunions parents-profs. Ou dire que mon parcours avait été un sans-faute exemplaire depuis la fin de mes études. Quelle idée saugrenue d’accorder un crédit professionnel à un mec qui n’est jamais passé par la case sigle ? X – pour Polytechnique, pas du porno –, ESJ, ENS, HEC, IEP… On réussit très bien avec, mais on peut très bien s’en sortir sans quand même.
Oui, parce que les opportunités et les tournants dans une vie, ça n’arrive jamais non plus, c’est hors du domaine des possibles. Les probabilités de gagner au Loto, pourtant plus minces, se concrétisent parfois en heureux vainqueurs, cela dit… Faut donc croire que ce que je vis depuis un an et demi, date à laquelle le projet 日本 a commencé à se mettre en place, est une vue de l’esprit. Ah ben oui, le blog n’a que cinq mois, mais je ne sors pas tout d’un chapeau magique, rien ne s’est fait du jour au lendemain. Fallait suivre un peu au lieu de glander dans le fond de la classe.
Après faut reconnaître aussi que les opportunités se présentent d’autant moins quand on cherche à les éviter ou qu’on n’a pas une once de burnes pour les saisir et se lancer, préférant rester bien pépère au chaud dans son quotidien moisi mais plein de certitudes. Je ne vise personne (zut, flûte et saperlipopette, j’ai menti juste à l’instant, mea culpa).
C’était quoi la question au fait ? Comme dirait Thésée, j’ai perdu le fil…

Tu sais que tu parles dans le vent là ?
Oh que oui… Si le silence est d’or, la parole est semble-t-il non d’argent mais de merde. Je pourrais disserter à l’infini que ça n’y changerait rien, quand l’opinion est faite d’entrée, posée en postulat. D’un autre côté, ne rien dire me priverait du plaisir mesquin de lancer des insinuations douteuses en attendant de lancer de plus copieuses représailles à base de ninjas et d’hommes de main moustachus. J’ai élevé la rancune au rang de sacerdoce.
Puisque les mots ne valent rien et que, grâce aux merveilles de la technologie moderne, une photo de moi sur le Fuji ou devant le palais Impérial ne saurait être qu’un odieux montage digne des grandes heures staliniennes, ne reste qu’à lancer des invitations à venir chez moi et passer 24 heures dans mes godasses. Sauf si on me soupçonne de posséder des talents d’hypnotiseur ou d’avoir envoyé ce petit monde dans la Matrice. Bizarrement, la joie ne m’étreint pas à l’idée d’offrir l’hospitalité à ces “bonnes âmes”. Trop de boulot pour se débarrasser des corps dans le jardin, ma scoliose m’interdisant de surcroît les travaux de terrassement.
Mes doigts, eux, sont au top de leur forme.

Le mot de la fin ?
Je reste ouvert à toute suggestion concernant les horaires en cas de duel au pistolet, vous savez où me joindre.

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