Elle en a de la chance !

Je dirai même “deux la chance” si la phrase avait du sens en français.

Nonobstant quelques frasques (dont une vision assez personnelle du soap opera), garder ma pétoire dans mon pantalon n’empêche pas ma chère et tendre d’avoir une chance de cocue.
En la circonstance qui nous occupe, c’est d’onomastique dont il s’agit. Si on n’a pas eu comme votre serviteur le triste privilège de s’exercer sur les inscriptions votives de la forteresse attique de Rhamnonte, la discipline se révèle toujours riche en surprises et très fun. Le gros lot, évidemment, consiste à se dégotter un homonyme célèbre, source de quiproquos et blagounettes à la con. Toute médaille a son revers et si vous vous appelez Marc Dutroux ou George Bush, c’est pas de bol.
Au Japon, l’exercice est délicat à cause d’une particularité linguistique qui rend l’écriture ou la prononciation d’un nom totalement aléatoire. A l’écrit, le binôme nom/prénom peut se prononcer de x façons différentes dont certaines sans le moindre rapport. A l’inverse, la plupart des prénoms ont des tonnes d’orthographe différentes et c’est encore pire pour les noms de famille.
Rien que pour Yumiko, par exemple : 弓子, 由美子, 由実子, 結実子, 夕美子, 夕実子, 優美子, 悠美子, 祐美子, 有美子, 友美子, 裕美子. Sans compter le diminutif Yumi (qui peut aussi constituer un prénom à part entière).
Yumiko étant un prénom très populaire au Japon… Takeda étant un patronyme répandu… Il va de soi que les homonymes sont comme les démons et les Romains : légion. Il va également de soi que dans le lot, la foule des inconnues constitue autant de cohortes sans intérêt. D’un côté, je pourrais vous baratiner sur le tri à opérer entre le bon grain et l’ivraie… de l’autre, je pourrais simplement avouer que je suis tombé sur une homonyme “par hasard” au gré d’une de mes habituelles recherches débiles sur le Net et que ce n’est qu’après que je me suis amusé à en pister d’autres.
Si j’étais du genre déconneur, je détaillerais mes trouvailles à l’envi sur des colonnes et des colonnes de texte, disserterais sur telle ou telle gloire locale ou nationale, passée ou présente. Mais comme je suis quelqu’un de très sérieux, je me bornerai à signaler une mangaka et une styliste parmi le trio de tête.
Toujours est-il qu’à l’arrivée, la doulce nymphe qui partage ma vie a doublement de la chance. D’abord, elle est vachement mieux gaulée que toutes ses consœurs (ce qui par contrecoup fait également de moi un heureux veinard). Ensuite, la plus connue d’entre elles est une actrice porno, ce qui, à défaut de transpirer la classe, a au moins le mérite d’être marrant.
Et là je me dis qu’avec son physique, ma Yumi passe à côté d’une sacrée carrière et qu’une reconversion mérite une étude approfondie. Pas de doute, elle ravirait sans mal la vedette à “l’autre”, ravalée au rang d’imposteur. Perso, je me verrais bien me la couler douce dans le rôle de son agent.

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