Dis camion

Aujourd’hui, la mode est à l’honneur !

Modèle conçu pour servir aussi de porte-baguettes.

 Par avance, toutes mes excuses à ceux dont je vais briser les rêves, illusions et fantasmes.

L’archipaire du soutif levant

Au gré d’une de ces recherches hautement intellectuelles dont j’ai le secret, je suis tombé sur la répartition géographique poitrinaire des Japonaises, visible sur ce site (formidable mine d’infos allant du massage de loches à des questions que personne n’aurait l’idée de se poser comme la couleur de soutif la plus en vogue dans telle ou telle préfecture).

Les tailles de bonnet par préfecture

Pas besoin de lire le japonais pour comprendre : le découpage est celui des 47 préfectures ; les couleurs en légende correspondent à la taille de bonnet. Je vois déjà des regards égrillards s’allumer. Les Japonaises n’auraient pas d’aussi petits seins que le veut la rumeur. Ben si en fait.
Pourquoi le tableau est-il biaisé si on ne s’en tient qu’à cette carte ?

  • Postulat : si les Japonaises (ou les Asiatiques en général) ont des petits seins, c’est bien par rapport à d’autres. En l’occurrence, l’étalon de référence est le canon occidental, “la race blanche”, forte d’une supériorité qui reste encore à démontrer, se définissant elle-même comme le point de référence, l’idéal du καλὸς κἀγαθός auquel tout le monde doit ressembler. Bref, ne cautionnant pas ce “white power esthétique”, je passe, sous peine de dire des grots mots. Toujours est-il que sur la base d’un postulat foireux, les termes petits ou gros ne veulent dès lors plus dire grand-chose.
  • On fait dire ce qu’on veut aux chiffres. Avec la répartition 1 A, 18 B, 17 C, 9 D, 2 E, on peut considérer que le gros du Japon tourne autour de B-C, donc sur du moyen… ou que plus de la moitié du Japon est dans la moyenne (occidentale) voire au-dessus (C+D+E = 28 sur 49).
  • La carte est à moitié incomplète. Aux dernières nouvelles, et ça même les mecs le savent, un soutien-gorge ne se limite pas à la taille de bonnet, mais aussi au tour de poitrine. Car même si la taille compte (eh oui), l’harmonie de la silhouette aussi. Y a quand même une “petite” différence esthétique entre entre un 85B et un 105B. Je doute que Yumi me plaise autant si elle passait du premier au second cas… Bonjour la silhouette que ça lui ferait avec sa taille de hobbit…
  • D’après cette autre carte (taille de moyenne de bonnet par pays), tout le Japon porte du A, pas juste une préfecture.
    Pourquoi cette différence ? Aucune idée, je ne suis pas livré à des études doctorales sur le sujet. Je suppose que ça doit beaucoup aux méthodes de conception de ces cartes et à leurs auteurs (notamment les magazines féminins ou les revues masculines qui ne sont pas des modèles de rigueur universitaire fiables).
    Là où je suis sûr par contre, c’est qu’un bonnet n’est pas non plus le même partout : la seconde carte est basée sur une taille occidentaille, la première sur la taille japonaise.
  • Car la carte japonaise est faite par et pour des Japonaises, donc avec les tailles locales. De la même façon qu’un t-shirt L standard ira au Français moyen, sera une taille enfant pour un Américain obèse (pléonasme) et fera l’effet d’un maillot de basketteur sur un Chinois. Bref, les standards soi-disant uniformes varient en pratique d’un pays à l’autre.
  • Sans compter un facteur bien nippon. On parle ici de la taille de bonnet de l’objet soutien-gorge, pas du sein. Or au Japon, il y a une différence de taille (sic) entre les deux. Car si le contenant et son contenu coïncident généralement en France (du moins pour ce que j’en sais), ce n’est pas du tout le cas au Japon où le soutif rembourré est quasiment la règle. C’est un peu le concept de l’implant mammaire à moindre frais, amovible et sans chirurgie. Le sein nippon fait en réalité une à deux tailles de bonnet de moins que son emballage.
    Autant dire, messieurs, que si vous ne vous fiez qu’à votre coup d’œil, vous risquez d’avoir quelque déconvenue une fois la miss débarrassée de ses oripeaux. Dénudées, les poitrines fondent comme neige au soleil. Mieux vaut donc se faire une idée préalable à vue de main plutôt qu’à vue de nez.

En résumé, cette carte a le mérite d’être marrante et de donner une indication générale, mais à prendre avec des baguettes pincettes et à rétablir dans son contexte. Et parmi ma batterie d’arguments, le plus important est le dernier, celui sur l’artifice des soutifs rembourrés.

PS 1 : Que j’habite dans une des deux régions où les poitrines sont les plus opulentes est le fruit du hasard.
PS 2 : Si j’en juge par ce que je vois dans la rue, Kyoto = gros seins, c’est pas faux.
PS 3 : Burajā (ブラジャー) ou bura (ブラ), de l’anglais bra, désigne les soutiens-gorges.

Les faux seins et le marteau

Titre qui aurait rendu le drapeau de l’ex-URSS nettement plus attractif…
Je ne vais pas me lancer dans un grand débat sur l’attrait qu’exercent les Asiatiques, on a tous nos raisons plus ou moins avouables de succomber à cet exotisme. Exit également le “débat”, ou plutôt pseudo concours, pour savoir dans quelle nation on trouve les femmes les plus élégantes au monde. Le genre de discussion comparative débile du même niveau qu’un concours de bites dans un vestiaire de collège…
De mes constations toutes subjectives à partir des Japonaises lambda que je croise dans la rue ou d’une en particulier que je croise à la maison, ces dames prêtent généralement un soin très attentif à leur allure. C’est l’idée générale, pas une règle absolue, et il va de soi qu’on en trouve aussi qui s’attifent comme des gros sacs. M’enfin dans l’ensemble, le présupposé qui veut que la Japonaise fasse ce qu’il faut pour avoir l’air élégante est juste.
Et indépendamment de ses atours, la silhouette nippone standard a sa particularité qui titille l’œil. Du haut (hum…) de son petit 1,58 m, la Japonaise paraît pourtant longiligne comme un mannequin occidental “aux jambes interminables” (cliché inside). Silhouette fine, qui doit beaucoup à ce célèbre régime alimentaire nippon si pauvre en graisse.
Je ne me prive donc pas de me rincer l’œil abondamment au point que des branchies vont finir par lui pousser.

Reste que beaucoup complexent sur la taille de leur poitrine. Et pour l’amateur de poitrines modèle européen, va falloir chausser les verres grossissants.
Conforme à l’adage qui veut que les kyotoïtes soient des flambeuses invétérées en matière de fringues (京の着倒れ), Yumi m’entraîne régulièrement dans ses virées shopping, incluant les magasins de lingerie. L’occasion pour moi de me féliciter d’avoir tiré (hum…) le bon numéro, la miss étant proportionnée comme il faut, donc un objet de jalousie pour ses compatriotes. Tient dans la main, fond dans la bouche, comme dit plus ou moins le célèbre slogan publicitaire…
Donc, les magasins, disais-je. Sur le plan pratique, si on s’en tient au volume intérieur du bonnet, l’essentiel des modèles plafonnent à C, pour un tour de poitrine qui dépasse rarement le 85. Au-delà, il faut viser les rayons femmes enceintes ou grandes tailles. Le volume extérieur est quant à lui plus généreux, beaucoup plus, avec ses A et B qui ressemblent à du C ou D. En effet, la plupart incluent d’office la “garniture à la chaussette” : un soutif rembourré, au Japon, prend valeur de pléonasme. Et ce n’est pas tout ! Parce qu’en plus de ce rembourrage quasi standard, l’ajout de pads (パッド) – des coussinets amovibles – est des plus courants. Avec le bon modèle, Jane Birkin peut devenir Lolo Ferrari sans se faire siliconer. Ah, le merveilleux artifice…
A noter que les rembourrages ont aussi une vocation de camouflage pour éviter l’effet “tétons qui pointent” qui émoustille tant les mâles… et gêne tant les Japonaises.

A droite, rembourrage de base ; à gauche, le même après l'arrivée des renforts.

Quand je dis que c'est méchamment rembourré, cf. épaisseur du pad par rapport à la main.

Le soutif japonais a encore moins qu’en Occident sa fonction première mastophore et bien plus sa fonction esthétique de dessiner la silhouette corporelle. Au point que certains hauts incorporent directement un soutien-gorge : vous n’achetez plus seulement une fringue mais toute la silhouette thoracique qui va avec.
Je ne remercierai jamais assez l’inventeur de ce concept. Grâce à lui, Yumi ne passe plus deux heures à se demander quoi mettre pour chaque fringue. C’est juste deux heures tout court pour le haut grâce à ce deux-en-un… et autant de tranches de deux heures pour le bas.

Soutif greffé dans un débardeur.

C'est magique, ça tient tout seul.

Version marine, bouées de sauvetages comprises.

Autant dire qu’il vaut mieux se fier à ses mimines qu’à ses yeux : je ne crois que ce que je touche dirait sein Thomas taquin. Faites gaffe quand même, le coup de la chute anodine et du “je me suis rattrapé comme j’ai pu en agrippant malencontreusement vos loches” risque de vous valoir quelques tartes.
Vos yeux risquent aussi de prendre un coup devant certain modèles flashy, couverts de dentelle, froufrous, rubans, fanfreluches, comme si certains stylistes essayaient de faire tenir la déco d’une robe de mariée complète sur un soutif. On trouve plus facilement qu’en France des modèles originaux voire totalement délirants et d’un goût pas toujours très heureux.

Et ne croyez pas que le subterfuge s’arrête là, les fesses rebondies factices existent aussi et le joli petit cul qui vous fait tant baver peut devenir la plaine de votre Waterloo.

Et le terme faux-cul prend un nouveau sens.

Autant dire que si vous emballez une Japonaise, ne vous étonnez pas qu’une fois à poil vous ayez l’impression qu’une autre s’est glissée à sa place.

 

Merci à ma chère et tendre Yumi pour l’interview qu’elle m’a accordée sur “le point de vue d’une Japonaise”, les détails techniques sur les artefacts mastophores, le défilé de lingerie et pour s’être livrée à quelques vérifications tactiles de ma part.

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