Cursion dans le cinéma nordique

Aussi bien incursion qu’excursion puisque je m’aventure hors de mon territoire dans un autre qui n’est pas le mien.

Bon, en fait, comme disait l’autre “j’ai menti”. Avec moins de brio que Schwarzie dans Commando, mais je ne suis pas acteur de formation. Lui non plus, me direz-vous, mais c’est quand même son métier.
La Scandinavie, j’y connais rien. Je peux situer sur une carte les pays qui la composent sans inverser la Suède avec la Norvège, citer les capitales sans confondre Helsinki et Stockholm (regardez Piège de Cristal, vous comprendrez). A part des bribes de culture viking, ma connaissance du sujet se limite à l’image d’Epinal des Suédoises, blondes comme les blés et chaudes comme la b(r)aise.
Sauf que je ne vais pas vous parler ici du porno suédois… Et d’un coup l’auditoire se disperse.
Il sera question de quatre films norvégiens que j’aurais mieux fait de ne pas visionner.
(Le lecteur pas trop con aura compris que je continue dans ma veine des “films en vrac” enrobés sous un emballage moins foutoir.)

Flukt

escape

Film qu’on trouve distribué à l’international sous le titre Escape – logique puisque c’est la traduction littérale du norvégien. En France, il devient Dagmar, L’Ame des vikings. Ah…
Dagmar, c’est la blonde avec l’arbalète. On pourrait croire que mais non. Le personnage principal de Flukt, c’est en réalité la plus grande des deux gamines en petit en-dessous. Notez que “l’héroïne” miniature est d’une telle fadeur qu’on comprend pourquoi il vaut mieux la remiser dans un coin. Des vikings, n’en cherchez pas non plus. L’action se déroule au XIVe siècle juste après la Grande Peste. Aux dernières nouvelles, l’Age des Vikings s’achève au XIe s. A la limite, oui, on peut bien parler d’“âme des vikings” puisque le dernier l’a rendue 300 ans avant l’ouverture du film.

L’histoire :
Une famille fuit la peste (un grand rat malade armé d’une faux les poursuit ?). Tombe sur des brigands et se fait massacrer. Sauf la fille qui est ramenée au campement. La gamine s’évade en compagnie d’une autre fillette très laide, genre de Gollum au féminin. Poursuite. Tous les brigands se font tuer les uns après les autres dans une espèce de version moderne des Horaces et des Curiaces – ou un vague survival, si vous manquez de culture classique.

En dépit de moult péripéties, Flukt ennuie. Qu’il se promène dans la sylve touffue ou à flanc de montagne déchiquetée, l’impression d’une morne plaine colle aux godasses du spectateur. Pas vraiment mauvais mais assurément pas bon, rien qu’une platitude infinie. Et conventionnel. Ah, sur ce point, Flukt figure au rang des œuvres majeures ! Ce qui, paradoxalement, lui donne un grand intérêt. Pour qui étudie les clichés et les scènes attendues, on tient là une anthologie.

Les brigands habitent au cœur de la forêt dans un campement sommaire que ne renieraient pas Robin des Bois et ses joyeux compagnons. On y accède par un pont constitué de deux-trois troncs jetés au-dessus d’un précipice. Dès que la poursuite s’amorcera, le pont finira bien sûr au fond du ravin, cédant juste avant qu’un brigand ne parvienne à le franchir. Comme dans un Tex Avery, le malandrin terminera sa course dans le tumulte des flots en contrebas au terme d’un long hurlement. Cette scène à elle seule mértierait l’Oscar de l’imbrication de clichés.
Sitôt qu’on voit le pont apparaître à l’écran, on SAIT quelle tournure prendront les événements.
Tout le film est du même tonneau.

En vrac :

  • Un des gredins veut tripoter la prisonnière. La cheftaine Dagmar dit non. Scène de confrontation habituelle big boss vs. forte tête.
  • La gamine poursuivie se retrouve acculée au bord d’un précipice. Pas loin, une chute d’eau (y en a toujours une). Après avoir reçu la flèche-balle-shuriken règlementaire, vas-y que je vacille dans un ralenti conventionnel avant de faire plouf. Comme on est au cinéma, dans un monde où personne ne meurt malgré un carreau d’arbalète planté dans l’épaule et une chute de 30 m, la gamine s’en sort comme une fleur. Scène classique d’émergence des profondeurs en Vénus meurtrie, pas la peine de vous faire un dessin.
  • Les fuyardes rencontrent un chasseur, sans doute échappé du Petit Chaperon Rouge ou autre conte médiéval. Je vous passe l’exposé sur le deus ex machina et le ressort éculé de l’adjuvant sorti de nulle part. Toto la Perdrix (ou Jojo la Gâchette, je sais plus son nom) raconte l’histoire de Dagmar qui n’était pas si mauvaise dans le fond. Qu’on a injustement – comme toujours – accusée de sorcellerie. Qui depuis collectionne les gamines, parce qu’elle a perdu son propre enfant dans les sempiternelles “circonstances tragiques”, comme c’est original. En l’occurrence, une de ces amusantes épreuves médiévales servant à détecter les sorcières : si tu meurs, t’étais innocente ; si tu survis, t’es coupable, on te brûle… et tu meurs quand même.
    Le recueil de lieux communs autour de Coco l’Ami des Bêtes ne s’arrête pas en si bon chemin. Avant de mourir courageusement en essayant de protéger les gamines, Toto/Jojo/Coco a le temps d’expliquer comment on chasse l’ours à l’épieu. Chacun aura deviné qu’un des bandits mourra selon ce procédé.
  • Ah oui, à ce sujet, la gamine tire à l’arc comme une tanche au début. Mais à la fin, elle manie l’épieu comme d’autres un bâton de majorette, joue du couteau, cartonne à l’arbalète et tire à l’arc presque aussi bien que Legolas.
  • Pour les amateurs de détails, un jouet revient sans cesse dans le film. Un petit cheval en bois qui passe de main en main d’un gamin l’autre. A lui seul, il totalise une somme invraisemblable de clichés. Le jouet volé au gamin tué (trop injuste, la vie), donné à Gollumette (les bandits, au fond, ils ont un cœur gros comme ça), perdu dans la débandade et comme il se doit piétiné en gros plan par un poursuivant (l’enfance brisée, quelle symbolique !).

Je pourrais continuer l’inventaire à la Prévert… Y a pas une scène, pas un détail, qui ne figure pas au manuel aux chapitres lieux communs, poncifs, clichés, scènes attendues, conventions, stéréotypes. Une encyclopédie à sa manière.

Intermè(r)de

La jaquette mentionne que les coupables n’en sont pas à leur coup d’essai. Avant Flukt, il y eut la trilogie Cold Prey, qui voit ressortir trois noms aux mêmes postes. Roar Uthaug a réalisé le premier opus, produit le 2, synopsisé le 1 et le 2, avant de jeter l’éponge pour le 3. Thomas Moldestad a scénarisé les deux premiers volumes. Martin Sundland a carrément produit les trois volets coldpreyiens. En outre, Dagmar (Ingrid Bolsø Berdal dans le civil) a joué dans les deux premiers.
Fallait que je vérifie, je me suis tapé les trois. Les films, j’entends, pas le trio réalisateur-scénariste-producteur.
Mais pourquoi ? Il est y pas maso ? Ma curiosité scientifique me perdra… J’ai pas été déçu du voyage…

Fritt Vilt

fritt vilt

Avant de devenir une “proie froide” – ce qui, au passage, ne veut rien dire – la trilogie s’appelle Fritt Vilt. Comme je ne parle pas norvégien, je ne me hasarderai pas à le traduire. Enfin pour ce que j’en sais, fritt, c’est des patates en bâtonnets “libre” ou “en liberté” et vilt désigne les animaux sauvages ou le gibier. A vous de pondre une traduction, je ramasse les copies dans une heure.

Fritt Vilt, c’est comme Flukt, version slasher au lieu d’un survival.
Il paraît qu’on fait les meilleures soupes dans les vieux pots. Steak Fritt serait-il le pot originel ? le père de tous les pots (au feu) ? Soupe-Niggurath aux mille soupières ?… Sur la base de recettes aussi éculées qu’une actice porno, le plat servi fleure moins la soupe primordiale que le potage insipide.
Si vous le regardez sur la base d’un jeu à boire, prévoyez de copieuses réserves, assorties des précautions d’usage (abus d’alcool, modération, santé, tout ça tout ça). Histoire de me prémunir contre d’éventuelles poursuites pour incitation à la consommation, on va dire qu’on procède avec de l’eau pour les besoins de la démonstration. Ma femme ayant dû me traîner jusqu’au lit conjugal après le film, je peux vous dire que l’eau, c’est vachement traître.
Les règles sont simples : deviner. Qui va mourir et dans quel ordre ? Quelle sera la prochaine scène ? la prochaine ligne de dialogue ? Et cetera ad nauseam et vomitum in wateris. Chaque bonne réponse donne droit à un verre d’eau.
J’ai fait un sans-faute. (Sauf au moment de viser les chiottes pour gerber le surplus aqueux, mais c’est un détail.) Cela dit, je n’ai aucun mérite. Le film en lui-même est archi prévisible même pour un néophyte. Et j’ai déjà vu tellement de slashers, genre archi conventionnel, que bon…

Allez, c’est parti…

Générique, un gamin court dans la neige. Signe particulier, il a une tache de vin autour d’un œil. “C’est le tueur, prophétisai-je en me servant un verre d’eau, la tache permettra de le reconnaître quand il enlèvera sa cagoule/son masque/sa capuche.” Ce qui me vaut un deuxième verre.
Suivent 3 longues minutes de gamin qui court dans la neige et des flashes info annonçant que x personnes ont disparu dans la montagne. Très utile, on s’en doutait pas que le coin était dangereux vu le pitch et le genre du film.
Il était une fois un groupe de jeunes (verre d’eau). Un peu rebelles (verre d’eau), ils veulent faire du snowboard au beau milieu de nulle part (verre d’eau). L’un d’eux se pète une guibole, mais par chance, ils trouvent refuge dans un hôtel abandonné (verre d’eau).
Vous avez compris l’idée générale, je me passerai donc des mentions ingurgitatoires entre parenthèses pour la suite.
Au passage, je le mentionne, parce que l’astuce peut servir. Rafistoler une fracture ouverte ne demande aucune compétence particulière de secourisme. Un bout de bois, une goutte de colle, et voilà la patte folle rafistolée, à peine plus gênante qu’une légère foulure. En tout cas ça se passe comme ça chez McColdPrey’s.

Dans la longue litanie des scènes attendues :

  • Le groupe se compose de garçons et de filles. Les couples se prennent le chou (“là, ils vont s’engueuler…” et glou et glou). Le célibataire lorgne sur une nana inaccessible, puisque maquée. Ou, dans le 2, se lorgnent entre eux (“là, il va la draguer”, et hop, cul sec, les amis !). J’ignore d’où vient cette manie de meubler avec des histoires de couple qui n’apportent rien à la narration et échouent systématiquement à épaissir les personnages.
  • Le rythme ne dépareille pas le genre. Il ne se passe à peu près rien pendant la première moitié du film (pas de mort avant 40 mn). D’un coup, je comprends mieux le besoin de meubler… Note aux réalisateurs : tourner des courts-métrages pourrait s’avérer une meilleure option que le délayage chiant.
  • L’exploration de l’hôtel et ses passages obligés. La lecture du vieux-grimoire-poussiéreux – non, pas le Necronomicon, juste le livre d’or de l’hôtel. La pièce où a eu lieu un mystérieux incendie. Et plus tard, la découverte de l’antre du tueur, qui traumatise les djeunz deux minutes puis non.
  • Les jump scares à la con. Au lieu du chat qui bondit du placard, on a droit au type qui entre dans une pièce, en ressort terrifié pour de faux, avant de faire “bouh” à l’oreille de sa copine. Affligeant…
    Dans la même veine, le vieux ressort à suspense si détendu qu’il ressemble à un fil à plomb raide comme la justice ou Rocco. Une mare de sang coule sous une porte. Oh non, c’est trop horrible ! Sauf que juste avant, on a vu l’éclopé batailler pour ouvrir une boîte de conserve. On se doute “à peine” qu’il a renversé de la sauce tomate.
  • Niveau répliques et conséquences associées, pas mieux.
    Le bon vieux “t’inquiète pas, ça va aller”. Un mort dans les deux minutes, sûr et certain.
    “Vaut mieux rester groupé.” Donc y en a forcément un qui va partir en solo juste derrière. Bingo.
    “Je sors chercher du secours/la voiture/la cavalerie.” Ma seule erreur du film… J’ai dit, je cite, “lui, il fera pas dix mètres”. Il a eu le temps d’en faire vingt avant que le tueur ne lui tombe dessus. (Un demi-verre d’eau seulement.)
  • Tant que le film n’atteint pas la scène de l’affrontement final, il va de soi que se promener sans arme coule de source. On sait jamais, des fois que ça permettrait de s’en sortir vivant…
  • Par chance, il traîne un fusil et UNE cartouche. Une fois armé, mister Patte Folle, foutu de toute façon, se sacrifiera héroïquement pour que survive la final girl, croisement moderne entre une damoiselle en détresse et une vierge guerrière. Aussi poignant qu’inattendu… La rescapée bute le vilain méchant. Comme d’hab’.

Plus convenu ou plus prévisible, tu meurs. Ou tu finis bourré dans un lit qui joue les montagnes russes.

Et c’est pas le pire, eh non.
Reste le cas du tueur…
On devine d’entrée qu’il s’agit du gamin au générique. Ou à défaut, le gnome pourrait être sa première victime. Mais bon, la tache de vin, ze méga big grosse ficelle pour l’identifier…
Que le croque-mitaine aligne zéro ligne de dialogue, admettons. D’explications à son sujet, n’en cherchez point. On comprend dans le flashback final que le gamin fuyait ses propres parents, semble-t-il bien décidés à se débarrasser de lui sous un monceau de neige. Pourquoi ? Eh bien, parce que… euh… hum…
Laisser travailler l’imagination du spectateur, pourquoi pas. Faut quand même lui fournir un peu de matière pour broder… ou le salaire du scénariste, puisqu’on doit tout faire soi-même. Honnêtement, le tueur masqué est tellement mal mis en valeur qu’on n’en a rien à secouer de lui ou de son histoire. On dirait un vieux de Perceval dans Kaamelott : il arrive, il dit rien, c’est hyper mystérieux… en fait, c’est nase (adapté de l’épisode La Poétique II). Le degré zéro du charisme…
Un scénariste fainéant et dépourvu de la moindre d’originalité – ce qui semble cadrer parfaitement dans le cas présent – pouvait trouver matière à développer sans se creuser le citron. Sans être expert en culture scandinave, je vois quand même un parallèle évident. A ma droite, le tueur est une immense baraque ; à ma gauche, les jötnar, càd les géants… surtout que l’histoire se passe dans le Jotunheimen (litt. “le royaume des géants”). La coïncidence me paraît un peu grosse pour être involontaire… mais pas exploitée. Moins évident mais exploitable aussi : salut, je suis un tueur avec une tache de vin autour de l’œil et une grosse pioche pour transpercer les gens / salut, je m’appelle Odin, je suis borgne et j’empale les gens sur ma lance. Salut, moi je suis scénariste et je parie que votre assassin, je le fais tenir sur un timbre-poste…
Suffit pas de balancer une grande chape d’inconnu : comme une bonne gnôle – une eau millésimée, je veux dire –, le mystère se distille. L’alchimie n’opère pas avec pour seuls ingrédients une pincée de rien et une poignée de néant. Rien sur quoi bâtir une mythologie comme celle des Jason, Freddy, Michael Myers, Norman Bates… Rien qui justifie une suite… sauf l’argument pognon.

Cold Prey 2, on prend les mêmes et on recommence

Le 2, c’est pareil. D’ailleurs, les morts se passent de la même façon et presque dans le même ordre (je te fracasse la tête avec un manche de pioche/un extincteur ; je te fais péter les cervicales/bis…).
Frites Vite le retour reprend la narration où son prédécesseur s’était arrêté. Un hôpital remplace l’hôtel. Le reste est un copier/coller du premier. Même fin beurré comme je l’étais, on s’emmerde très vite (vu qu’il faut se retaper une longue exposition avant de voir un macchabée) et très longtemps (à cause du déjà-vu).
On apprend deux-trois vagues infos sur le tueur. Un énième gamin qui torturait les animaux. Le reste relève de l’œuf et de la poule. Etait-il de la graine de sociopathe que ses parents ont voulu éradiquer ? Ou les mauvais traitements des parents sont-ils responsables de ses envies de meurtre ? Rien de folichon. Et faut arrêter avec l’archétype du tueur en série à l’enfance difficile. Sans quoi les rues seraient pleines d’assassins.
Seul détail croustillant, à la naissance, le gamin était mort-né et a ressuscité au bout de quatre heures. Et ?… C’est tout. Mis à part qu’après quatre heures de mort cérébrale, on verrait au mieux émerger un légume voire un potager, peut-on parler de mort-vivant ? Non, vu l’absence d’élément surnaturel : dans tous les sens du terme, il n’y a rien de fantastique dans Fritt vilt 2. Ou alors le scénariste cherche à nous faire comprendre que c’est pas un type normal ? On l’aurait jamais deviné à le voir déboîter la tête des gens ou s’obstiner à les pourfendre à coups de pioche. Sauf s’il s’agit d’activités normales en Norvège, mais ça se saurait.

Cold Prey 3, on change tout et on recommence

Des deux premiers opus, seul le tueur revient. Réal, scénariste, casting, tout le monde dégage. Pour suivre l’effet de mode, le troisième volet est une préquelle. Je suppose que, si quatrième il y a, on assistera à un remake. Puis un reboot en guise de numéro 5. En fait, avec UNE idée, on peut ressortir le même film à l’infini. Du plagiat légal en quelque sorte.

Que dire ? Rien ou presque. La genèse du tueur s’expédie en un petit quart d’heure à coups de taloches dans la gueule remboursées sous la forme d’un parricide. Vous l’avez deviné, l’argument préquellatoire se révèle bidon pour accoucher d’un banal cartonnage de jeunes à rebrousse-temps. Le reste sombre dans les pires errances du slasher à l’américaine. Incohérences délirantes… ados débiles… poursuites nocturnes dans les bois… meurtres à l’unité alors que le tueur, invincible comme il se doit, pourrait tous les buter sans forcer, en chantant Ja, vi elsker dette landet à l’envers, les yeux fermés, en équilibre sur une guibole et les mains attachées dans le dos…

Le fusil d'assaut AG3, indispensable pour le camping.

Le fusil d’assaut AG3, indispensable pour le camping.

Verdict sans appel.

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