Albator en France pour Noël

Après le passage du Père Noël et de son traîneau le 24 au soir, Albator prendra la relève dès le lendemain à bord de l’Atlantis… ou ce sera Harlock à bord de l’Arcadia, mais on ne va pas commencer à chipoter sur l’onomastique.

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A noter, donc, sur vos calepins des sorties à ne pas manquer : Space Pirate Captain Harlock débarquera dans les salles françaises le 25 décembre 2013 sous le titre Albator, Corsaire de l’Espace.

Harlock affiche franceJe le voyais sortir plus tard, vers janvier-février 2014, mais Papa Noël a eu un bon geste pour les fans français. En pratique, le gros rougeaud n’a pas grand-chose à voir là-dedans. Les Japonais se sont acharnés à trouver rapidement des distributeurs à l’étranger pour rentrer dans leurs fonds, misant notamment sur la popularité d’Albator en Europe. Les producteurs espèrent rattraper le coup, le film ayant marché nettement moins bien que prévu au Japon. Et ce n’est pas peu dire…
Le bon démarrage du 7 septembre qui a vu Space Pirate Captain Harlock se catapulter en 2e place du box-office nippon était déjà mitigé. Seulement 134 millions ¥ (1,3 million $) de recettes pour un premier week-end, on était loin des rentrées escomptées. Puis dégringolade rapide, chaque semaine additionnelle voyant la fréquentation et les recettes chuter de moitié. Bilan : en un mois d’exploitation, il a rapporté 4,5 millions $ pour 30 qu’il a coûté à la production (sans compter par-dessus le budget promo).

harlock montreRaison de ce bide ? Aucune idée.
Matsumoto Leiji est archi-connu, son personnage aussi, donc contexte rassurant du terrain balisé pour le spectateur nippon. Sauf que… si chacun s’extasie sur le graphisme et l’animation, le style n’a rien à voir avec celui de Matsumoto. Donc si on n’aime ni le changement, ni le décalage stylistique par rapport à l’original, ni le style en lui-même, forcément… Bon, en même temps, vu la campagne promo, il n’y avait aucune surprise de ce côté. Y a vraiment que des agités du bocal pour aller voir un film d’animation en sachant à l’avance que le graphisme va les rebuter…
Possible que le reboot n’ait pas été du goût de tout le monde. Pour ma part, j’avoue que reprendre la saga à zéro ne m’a pas semblé une idée de génie. L’univers d’Albator était assez riche et construit pour permettre d’en continuer le développement. Assez riche, justement, pour paumer les débutants qui risquent de choper le tournis face à la pléthore de personnages (mais ça, fallait regarder Albator 78 et 84 quand vous étiez petits, nananère). Les vieux briscards, eux, ont pu être déçus par le côté très sombre de ce nouvel opus.
Reste enfin le scénario, qui pèche quelque peu entre le “rien de nouveau” (reboot et archétypes SF classiques tant dans l’intrigue que les personnages), une complexité pas toujours justifiée et une faculté à s’attarder sur certaines choses plutôt que d’autres via des choix pas toujours judicieux. Après, je n’en dis pas plus, sans quoi je vais tout spoiler.
Autre hypothèse : les attentes du public, peut-être trop élevées. Trois ans que le film est annoncé, ça représente beaucoup de temps pour faire monter la sauce. Le personnage d’Albator relève du mythe depuis plus de trente ans. Logique que le spectateur attende énormément d’un tel film. Et si le résultat n’est pas le chef-d’œuvre à la hauteur des espérances, quand bien même il serait bon en soi, il paraîtra toujours décevant. Suffit de lire certaines critiques sur La Menace Fantôme pour avoir une bonne idée de ce que peuvent donner les attentes déçues.

yuki kei 2Le meilleur moyen d’être fixé reste de toute façon d’aller le voir. Vous n’avez plus que deux mois et demi à patienter. A cette date, le Blu-Ray sera sans doute sorti au Japon et je serai en train de le mater une énième fois dans mon salon. Parce que si le public japonais n’a pas accroché, moi, j’ai adoré !

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