Titre original : Alexander
Réalisation : Oliver Stone
Genre : histoire, biographie
Durée : 2 h 40 mn
Année : 2003
Pays d’origine : Etats-Unis
Acteurs principaux : Colin Farrell, Angelina Jolie, Val Kilmer, Anthony Hopkins, Jared Leto, Jonathan Rhys-Meyers, Rosario Dawson, Jessie Kamm, Christopher Plummer
Synopsis :
L’histoire d’Alexandre le Grand, de son enfance en Macédoine jusqu’à sa mort à Babylone, racontée et présentée sous le regard de l’un ses anciens généraux, Ptolémée, à travers son éducation, ses conquêtes qui en firent une légende, mais aussi son intimité et ses amours. L’histoire d’un homme qui devint roi à 20 ans, établit l’un des plus grand empires de tous les temps à 26 ans et mourut prématurément à la veille de ses 33 ans.
Avis de Kunopès :
Alexandre est un conquérant qui se bat peu sous la direction d’Oliver Stone. J’aurais souhaité que quelques-unes des autres grandes batailles figurent à l’écran, mais c’était un parti pris du réalisateur de s’attacher à l’homme en premier lieu et non au seul conquérant. D’ailleurs les combats présentés sont un véritable spectacle ! Depuis la vue aérienne à travers l’oeil d’un aigle jusqu’au coeur de la mêlée, on n’en perd pas une miette. (Ce qui n’est pas le cas, soit dit au passage, de plusieurs chapitres de la vie d’Alexandre qui ne sont même pas évoqués.)
Côté spectacle, toujours, la reconstitution laisse pantois, de même que les décors naturels. On peut enfin visiter Babylone à l’époque où elle était encore debout ! La richesse des costumes complète admirablement l’ensemble et rend bien le décalage entre les Macédoniens rustauds et les Perses raffinés.
Décalage encore dans la découverte du monde par les Macédoniens qui vont de suprise en surprise. Leurs réactions rendent bien ce que devaient ressentir les conquérants de l’époque une fois sortis de leur cambrousse natale.
Oliver Stone a donc vu grand et on n’est pas déçu. En tout cas, je ne l’ai pas été. Sa vision d’Alexandre tient la route et se conforme dans l’ensemble aux sources connues, tandis qu’elle reste crédible lorsqu’il a fallu combler des blancs ou imaginer ce qui pouvait bien se tramer dans la tête du petit (puis du Grand) Alex. Son idée était d’attaquer le film sous l’angle de la personne plus que du personnage... pari tenu. Après, on aime ou on n’aime pas ; cette approche en a déstabilisé plus d’un à entendre les critiques qui encensent ou descendent le film, les avis étant diamétralement opposés sur des points similaires (et encore, je passe sur les critiques d’un pays puritain outre-Atlantique, focalisées essentiellement sur la question de l’homosexualité).
Après la Bête, place à la Belle. Angelina prend évidemment moins de place que son fiston. La consolation, c’est que par rapport à Sky Captain où son apparition tient en une unique scène, Angie joue les guirlandes de Noël et apparaît par intermittence durant tout le film, même quand bébé Alex a quitté ses jupes. Elle nous offre une Olympias pas piquée des hannetons, qui n’échappe à la camisole que parce qu’elle n’existait pas à l’époque. C’est un rôle de composition, un vrai, d’autant plus que les sources sur la reine-mère ne sont pas légion. Il a donc fallu inventer ce rôle de "nymphe trash" et ensuite le tenir. Superbe, envoûtante et déjantée Angelina réussit encore une fois à nous éblouir par son talent.
Avis de Jolie :
Pour commencer, j’aimerais revenir sur la musique d’Alexandre. C’est le célèbre compositeur grec, Vangelis (Blade Runner, 1492 : Christophe Colomb) qui s’y est "attablé". Certains ont trouvé que la musique d’Alexandre était trop proche de celle du film sur Christophe Colomb, mais ce petit son de harpe que l’on reconnaît immédiatement, n’est-il pas le coup de griffe qui nous permet de reconnaître le maître ? Pour moi, qui ne joue pas d’instrument de musique, je dois dire que je suis toujours en admiration face au travail des compositeurs de bandes originales de films. Donc, pour moi, la musique d’Alexandre reste magnifique et adaptée au personnage et au film.
En ce qui concerne le film lui-même, c’est une oeuvre riche et complexe, que ce soit dans le choix d’Oliver Stone pour les flash-back, les ralentis, des prises de vue inattendues, par exemple, la scène de la bataille de Gaugamèles : l’aigle qui survole l’immense champ de bataille et qui offre ainsi au spectateur des vues aériennes magnifiques. Il y aussi la beauté de l’image (telle que l’extraordinaire recomposition de Babylone) et des costumes qui permettent de ressusciter un monde encore mal connu par les historiens !
Un film qui dans son totalité, dure presque trois heures et qui aurait pu décourager certains, mais qui permet à Oliver Stone de mettre en avant plusieurs hypothèses sur le destin d’Alexandre. Ainsi le réalisateur nous présente diverses figures d’Alexandre : à la fois, un bouillant monarque, un guerrier débordant d’ambition, de courage, lançant son armée, à un contre cent, à l’attaque de l’immense armée perse. Un fils aussi, qui se trouve déchiré, entre l’héritage et l’amour trop possessif de sa mère et la recherche de l’approbation de son père. Un conquérant qui poursuit un rêve, et qui sans jamais perdre une seule bataille, mène ses soldats jusqu’aux limites du monde connu. Un visionnaire, qui dit-on, modifia, par ses exploits militaires et sa tolérance, la conception du monde. Un grand stratège dans l’enfer des batailles, que ce soit à Gaugamèles face à une armée numériquement supérieure (en 333 avant J.c.), ou que ce soit dans son ultime bataille contre les éléphants du roi indien Poros (en 326 avant J.C.). Un esprit tolérant et ouvert, qui accorde une place dans son empire aux peuples vaincus et qui cherche à comprendre les moeurs de ces "inconnus", notamment en se mariant avec Roxane, princesse iranienne. Le film défend ainsi plusieurs idéaux : tolérance, courage, amour et amitié.
Et ce qui m’a plus particulièrement touchée, c’est la volonté du réalisateur de dresser le portrait d’un homme qui ne cache pas sa fragilité, un portrait "intimiste" du conquérant, en mettant notamment l’accent sur les doutes et la sensibilité d’Alexandre face à ses décisions (la scène où il pleure après la bataille de Gaugamèles, la découverte des singes en Inde ou encore la mort de son cheval Bucéphale). Oliver Stone a fait d’Alexandre, un personnage profondément humain. D’autant plus, qu’il accorde également une place essentielle à l’enfance du conquérant, en particulier à l’influence et l’amour possessif de sa mère, Olympias, personnage clé que l’on retrouve tout au long du film par flash-back. Je garderai qu’une citation mémorable à mon avis, elle provient du magazine Ciné Live de Janvier 2005 :
"Le vrai trésor de guerre, c’est Angelina Jolie, perverse foudroyante de beauté."
Angelina est vraiment superbe dans ce rôle de mère qui "dévore" d’ambition et d’amour pour son fils, une vraie déesse grecque !
"S’attaquer au mythe d’Alexandre le Grand, il fallait oser !" (source : S.F.X. déc./jan.2005)
Mais ce film polémique, titanesque dans sa réalisation, possède au moins un mérite : c’est celui d’exister ! Alors merci Mr. Oliver Stone, merci de nous avoir offert votre rêve, merci de nous avoir fait rêver, merci de nous avoir offert Alexandre le Grand !
Fiche détaillée sur Angie’s Rainbow.
jolie
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